Lorsque Lassâad Yakoubi ouvre les portes de l’enfer ! - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

May.
21
2019

« Révélations » sur la corruption au ministère de l’Education

Lorsque Lassâad Yakoubi ouvre les portes de l’enfer !

Samedi 26 Janvier 2019
نسخة للطباعة

•             Le ministère de l'Education annonce qu'il demandera au ministère public d'ouvrir une enquête sur les "graves accusations de corruption"

 

Le pays court à sa perte, avec la bénédiction des responsables politiques, des syndicats et de toutes les parties concernées par la protection des deniers publics. En plus de ces guerres menées dans le cadre du positionnement politique, voilà que les dernières révélations du très prestigieux cowboy Lassaad Yakoubi ajoute de l’huile sur le feu et prouve, si besoin est que le combat qu’il mène n’a rien à voir avec les revendications des enseignants, mais que son objectif est de mettre des bâtons dans les roues, dans la marche du système éducatif.

 

L’audition de Yakoubi par la commission parlementaire de la jeunesse, la culture et l'éducation a ouvert les portes de l’enfer, dans ce conflit où l’avenir des générations futures est mis dans la balance, dans un conflit qui ne les concerne d’aucune manière, et dont ni le gouvernement, ni le syndicat ne prend en considération, d’aucune manière.

Loin de vouloir convaincre sur le bien-fondé des revendications des enseignants du secondaire, il a usé de faux-fuyant qui prouvent que le crime qu’il est en train de commettre, en abusant des droits des élèves et de leurs parents, afin de détourner l’attention et montrer que son grief porte sur les agissements du ministre de l’Education et, par projection sur tout le gouvernement, ce qui n’est pas acceptable.

Yakoubi a mis les pieds dans le plat, avec ses révélations, parce qu’il se rend « complice », par son silence sur la corruption et les malversations qui sévissent au sein du ministère de l’Education… sinon, pourquoi a-t-il attendu si longtemps, pour dévoiler les magouilles et les opérations frauduleuses, au sein de ce département ?

Connaître autant d’informations, avec preuves et chiffres à l’appui, est une trahison envers ce pays qui l’a fait, ainsi qu’un crime puni par la loi et si on veut que le pays soit un Etat de droit et des institutions, il est nécessaire que les fautifs paient pour leurs forfaits ou, dans le cas contraire, que l’accusateur paie pour graves diffamations.  

Le ministère de l'Education a annoncé qu'il demandera au ministère public d'ouvrir une enquête sur les "graves accusations de corruption" portées par le secrétaire général de la Fédération de l'enseignement secondaire Lassâad Yakoubi contre ses services lors de son audition devant la commission, "afin de sanctionner les auteurs de ces crimes en cas de leur culpabilité".

Toutefois, "s'il est prouvé qu'elles sont sans fondement, nous demandons des poursuites pénales pour diffamation", a ajouté le département de l'éducation dans une déclaration publiée jeudi soir.

Le ministère a démenti avoir dépensé 40 millions de dinars au titre de la lutte contre le terrorisme, indiquant que le montant alloué au ministère dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme ne dépassait pas 20 millions de dinars.

Il a précisé que ces crédits de 20 millions de dinars avaient été répartis en coordination avec la présidence du gouvernement sur trois projets, le premier étant la clôture de plusieurs écoles frontalières pour un coût estimé à deux millions 600 000 dinars, le second étant la création de complexes de sports et de loisirs à Sidi Bouzid, Kasserine, Médenine, Gabès et Tunis, qui été mis en place, pour lutter contre les filières terroristes pour un montant de 13 millions 800 mille dinars.

Le troisième et dernier projet concerne l'équipement des dortoirs et établissements d’enseignement de caméras de surveillance dont le budget est estimé à 3 millions 500 000 dinars au profit de 384 institutions.

Yakoubi avait accusé le ministère d'avoir dépensé un montant de 40 millions de dinars au titre de lutte contre le terrorisme, alors qu'il "n'a eu aucun impact sur le terrain", à ses yeux.

Il a déclaré devant la commission que le ministère avait dépensé 900 millions de dinars pour l'achat de tablettes numériques, stockées dans les magasins et les établissements d'enseignement sans être exploitées.

Le ministère de l'Education a répondu dans sa la déclaration que le montant alloué à l'acquisition de ces tablettes ne dépassait pas 3 millions 100 000 dinars dans le cadre d'un programme pilote, au profit de 52 écoles primaires, et qu’elles sont utilisées quotidiennement dans ces institutions.

Les accusations sont graves et il y va de l’intérêt de tout un pays qui souffre le martyre, avec les multiples problèmes qu’il vit au quotidien, auxquels s’ajoute le spectre d’une année blanche, à cause des enjeux politiques.

Tout est donc à prouver, de part et d’autre, sinon c’est la confirmation que les Tunisiens vivent dans une « république bananière » où tous les crimes restent impunis.

Faouzi SNOUSSI