Tension extrême et urgence d’une solution - Le Temps Tunisie
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26
2019

Crise de l’enseignement secondaire

Tension extrême et urgence d’une solution

Mercredi 23 Janvier 2019
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Le Temps - La crise de l’enseignement secondaire perdure, avec une Fédération générale de l’enseignement secondaire qui s’entête à enfoncer le clou, dans le cercueil d’un gouvernement moribond qui ne sait plus où tourner la tête. Entretemps, un facteur nouveau vient s’ajouter à cette crise, avec les mouvements de protestations des élèves qui ont commencé déjà à faire des dégâts, et le dialogue de sourds risque de conduire à l’irréparable et à l’embrasement du pays.
 

 

Les belles paroles et les déclarations d’intention ne suffisent plus pour calmer des jeunes qui s’impatientent et qui ne savent plus quel sera le destin de cette année scolaire qui arrive à sa moitié, sans qu’une solution ne soit trouvée.
Les mouvements de protestation des élèves des collèges et lycées ont, certes, commencé d’une manière paisible, mais dans certaines régions, la situation a dégénéré, avec des infiltrés et, même, des élèves qui ont jeté des pierres, sur des véhicules automobile, dans la rue, entre autres actes malveillants.
A titre d’exemple, des élèves des différents collèges et lycées, à Sfax, accompagnés de leurs parents se sont rassemblés, lundi, en grand nombre, devant le commissariat régional à l’éducation (Sfax 1). Ils ont, ensuite, défilé en direction du siège du gouvernorat pour exprimer leur colère et leur inquiétude face à la persistance de la crise.
Des futurs bacheliers ont fait part de leur inquiétude pour les examens de fin d’année, en l’absence d’évaluation de leur niveau. Ils appellent le syndicat et le ministère de l'Education à trouver un accord, dans les plus brefs délais, afin de préserver leur droit.
Par ailleurs, plusieurs élèves, collégiens et lycéens, à Béja ont parcouru, hier, les artères de la ville pour exprimer leur colère face à la crise que traverse le secteur à cause de l’échec des négociations entre le ministère de l’éducation et la Fédération générale de l'enseignement secondaire.
Ils appellent à l'impératif de surmonter cette crise, revendiquant leur droit à passer les examens scolaires.
Les cours sont suspendus presque dans l’ensemble des établissements scolaires de la région. La ville de Béja connait depuis, lundi, des mouvements de protestation organisés par les élèves. Des pneus ont été brulés devant le lycée Ibn Haithem à Béja, ce qui a nécessité l’intervention des agents de sécurité.
Face à cette situation alarmante, le chef du cabinet du ministre de l'Education, Mohammed Ali Oueslati, continue à semer les bonnes paroles. Il a réaffirmé l'engagement du ministère de négocier avec la Fédération générale de l'enseignement secondaire, soulignant dans le même temps la nécessité pour le syndicat de comprendre la situation financière de l'Etat.
"Une partie des revendications peut être satisfaite à l'heure actuelle en contrepartie du report de la mise en œuvre du reste des revendications jusqu'à ce qu'elles puissent être satisfaites", a déclaré Oueslati, au moment où le syndicat a entamé un sit-in lundi après-midi au siège du ministère.
Il a ajouté que le ministère ne veut pas que les élèves restent dans la rue après avoir refusé de rejoindre les cours en signe de protestation contre la retenue des notes, expliquant qu’il incombait aux enseignants de garantir le droit des élèves à l’évaluation et à l’étude. Oueslati a reconnu au professeur le droit de manifester pour améliorer sa situation, le qualifiant "d'évident et normal", à condition que cela ne se fasse pas au détriment des droits de l'élève à l'étude et l'évaluation.
De son côté, le secrétaire général de la Fédération, Lassaad Yakoubi a accusé dans le ministère de continuer à "sévir contre les enseignants et à faire preuve d’indifférence à leur égard", soulignant que la fédération n’avait encore reçu aucune invitation à négocier sur ses revendications.
Yakoubi a mis en garde contre le durcissement du mouvement de protestation de la fédération, accusant le ministère de "revirement dans les négociations". Il a ajouté que "la décision de prendre la retraite sur la base de 32 années de travail (57 ans) n'a pas été prise comme engagement, tandis que l'augmentation des primes n'a pas dépassé 10 dinars".