Le collectif de défense défie la justice et Ennahdha - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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Apr.
26
2019

Assassinat de Belaïd et Brahmi

Le collectif de défense défie la justice et Ennahdha

Mardi 22 Janvier 2019
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Le Collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi a appelé samedi le ministère public à examiner rapidement la plainte que le Mouvement Ennahdha aurait déposée contre le Collectif sur fond de la révélation de l’existence d’un appareil secret appartenant à ce mouvement et d’accusations de diffamation à son encontre.
 

 

La députée et présidente du bureau juridique du Mouvement Ennahdha, Farida Labidi, avait annoncé le 15 janvier 2019 le dépôt par le mouvement d’une plainte contre nombre de personnes pour calomnies et mensonges sur fond de son accusation de possession d’un appareil secret, faisant remarquer que l’identité de ces personnes seraient révélée après l’enquête.
Lors d’une rencontre organisée samedi à Béja sur l’affaire de l’assassinat des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, et «l’appareil secret» du mouvement Ennahdha, le Collectif de défense a souligné que la seule procédure sérieuse engagée depuis 2013 dans cette affaire est l’accusation par le juge d’instruction de Mustapha Khedher de meurtre avec préméditation, en plus de 22 autres accusations en rapport avec l’appareil secret.
Il s’agit également, a-t-il ajouté, de l’ouverture d’une nouvelle information judiciaire en vertu de l’article 28 du Code pénal et non sur la base de l’article 31 du même Code. Ainsi, une instruction judiciaire sera engagée contre 26 personnes dont notamment le président du Mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi et non contre X, a-t-il précisé.
Le Collectif de défense a également déclaré avoir insisté sur l’ouverture d’une enquête en vertu de l’article 28 du Code pénal, dans la mesure où il avait présenté des noms et des preuves à l’appui.
Il a aussi fait état de l’existence de tentatives d’étouffer la vérité par le biais de parties influentes au sein du département de l’Intérieur, la dernière en date étant l’affirmation par le juge d’instruction de l’incapacité d’obtenir un enregistrement audio des appels téléphoniques de Mustapha Khedher de la Société de télécommunications « Tunisie Telecom «, alors qu’il (le Collectif de défense) a réussi à l’obtenir.
«Cet enregistrement des appels téléphoniques est venu confirmer le lien entre Mustapha Khedher et le Mouvement Ennahdha», a-t-il dit.
«Ce qui se passe s’apparente à un crime d’Etat, dans la mesure où il vient confirmer l’implication de certains appareils de l’Etat dans l’assassinat», a-t-il regretté.
«L’existence d’un appareil secret a pour dessein de permettre au Mouvement Ennahdha (Frères musulmans) de déployer ses tentacules dans tous les rouages de l’Etat et de diffuser son idéologie, avant de passer à l’action», a-t-il averti.
Présent à cette rencontre, Mohamed Saad, président de la Fondation Mohamed Brahmi a réclamé un soutien populaire au Collectif de défense des deux martyrs, à travers l’organisation de mouvements populaires à cet effet.
«Nous avons d’ores et déjà paralysé politiquement la pieuvre et nous allons finir par la saisir par la voie judiciaire», a-t-il promis.
Lors d’une conférence de presse donnée le 2 octobre 2018, le Collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi avaient présenté un ensemble de documents justifiant les liens entre Mustapha Khedher et le Mouvement Ennahdha.