Ras-le-bol des élèves et risques de dérapages - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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Apr.
26
2019

Crise de l’enseignement secondaire

Ras-le-bol des élèves et risques de dérapages

Mardi 22 Janvier 2019
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Le Temps - A l’approche des examens du second trimestre et la perte de l’espoir de voir l’année s’achever dans de meilleures conditions, parents et élèves entament des mouvements de protestation pour exprimer le ras-le-bol. Maintenant, que le verre à débordé et que les écoliers commencent à bouger, avec leurs parents, on doit s’attendre au pire, avec des risques de dérapages des manifestations des écoliers qui ne peuvent être ni encadrées, ni canalisés, avec, en face, des forces de l’ordre placées dans une impuissance logique, pour faire front.
 

Furieux, indignés et exaspérés, des élèves et des parents se sont rassemblés, hier matin, devant plusieurs collèges et lycées secondaires de la capitale pour revendiquer une solution à la crise entre le ministère de l’éducation et la Fédération générale de l’enseignement secondaire qui a décidé de continuer à boycotter les examens du deuxième trimestre jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Des sit-ins ont été observés par les élèves du lycée pilote de Tunis, du lycée de la rue de Marseille et du lycée de la rue de Russie. Lors de ces mouvements de protestation, les élèves ont exprimé leur crainte d’une année blanche qui mettrait en péril leur avenir.
Des élèves ont sillonné les avenues de la capitale scandant des slogans appelant à mettre fin au boycott des examens et à obtenir leurs bulletins de note.
Pour leur part, les parents présents ont exprimé leur crainte d’une année blanche en raison de la poursuite de la crise entre le ministère et la partie syndicale. Ils ont dénoncé l’attachement de la fédération générale de l’enseignement secondaire au boycott des examens, qualifiant cette décision de "grave" et d'"irresponsable".
De son côté, la commissaire régionale de l’éducation de Tunis 1, Fatma Wided Helal a confirmé la suspension des cours, hier matin, dans la majorité des lycées secondaires de la capitale et la poursuite des cours normalement dans les différents collèges à l’exception de trois établissements (collège pilote Ali Trad, collège Dermech à Carthage et collège Assad Ibn Al fourat).
Les régions bougent, aussi
Des mouvements similaires sont organisés dans, pratiquement, la totalité des régions, à l’image de Tozeur où plusieurs élèves, collégiens et lycéens se sont rassemblés, hier, devant le siège du commissariat régional de l’éducation, pour revendiquer de résoudre la crise entre le syndicat de l’enseignement secondaire et le ministère de l’éducation et d’entamer une réforme du secteur.
Ils rappellent l’importance de placer l’intérêt de l’élève au-dessus de tout autre intérêt et réclament la nécessité d’accélérer la préparation des examens du second trimestre et de fin d’année.
Les protestataires ont affirmé qu’ils ne retourneront sur les bancs de l'école que si la crise est réglée.
Les cours ont été suspendus, lundi, dans plusieurs écoles, collèges et lycées au gouvernorat de Sidi Bouzid à cause des mouvements de protestation organisés par les élèves.
A Nabeul, les cours ont été suspendus, hier, dans la plupart des écoles, collèges et lycées au gouvernorat à cause des mouvements de protestation organisés par les élèves.
Les protestataires craignent le spectre d’une année blanche suite à l’aggravation de la crise entre le ministère de l’éducation et la fédération générale de l'enseignement secondaire.
Ils ont revendiqué, lors d’un rassemblement devant le siège du commissariat régional de l’éducation à Nabeul, l’urgence de chercher une solution radicale à cette crise, opposant un refus catégorique à la décision de boycotter les examens.
Joint par téléphone, le président de l’Association tunisienne des parents et des élèves Ridha Zahrouni, les élèves ont perdu confiance en leurs instituteurs et en leurs établissements scolaires, dénonçant cette grave situation d’instabilité.
 

 

Des solutionsdans les jours à venir ?

 

"Il n'y aura pas d'année blanche dans les lycées et collèges", a souligné hier le directeur général du cycle préparatoire et de l'enseignement secondaire au ministère de l'Education, Hatem Amara, précisant que le ministère est résolu à trouver les solutions qui servent l'intérêt de l'élève et garantissent la stabilité.
Lors d'un point de presse tenu à Tunis, le responsable a déclaré que le ministère et la fédération générale de l'enseignement secondaire sont attachés à résoudre la crise, ajoutant que les solutions pourraient être trouvées dans les heures ou jours à venir.
Selon lui, ces solutions seront à la hauteur des attentes de tout le monde, appelant la partie syndicale à accepter les propositions du ministère et à poursuivre les négociations au sujet des autres points irrésolus.
"Il est encore possible de se rattraper si la Fédération décide de renoncer à sa décision de boycotter les examens dans un délai ne dépassant pas un mois", a-t-il souligné.
Hatem Amara a fait savoir que le boycott des examens au cours du premier trimestre a compromis le système éducatif et paralysé le bon déroulement des cours dans certains lycées et collèges.

 

Le ministère cherche à contourner le problème !

 

Le directeur de l’enseignement secondaire au ministère de l’Education, Hatem Amara a annoncé hier le lancement d’une plateforme numérique d’évaluation pour les collèges et les lycées secondaires.
Lors d’une conférence de presse tenue à Tunis, Amara a indiqué que cette nouvelle plateforme permettra aux enseignants de mettre en ligne les notes et les résultats d’évaluation de façon à simplifier cette opération qui a contribué récemment à la montée des tensions entre les enseignants et l’administration d’une part et entre les enseignants eux-mêmes, suite à la décision prise par la fédération générale de l’enseignement secondaire relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) de boycotter les examens.
Amara a signalé que la non réalisation des devoirs de contrôle au cours des quatre prochaines semaines renforcera la crise davantage et mettra le système éducatif en péril.
Pour sa part, la directrice générale du centre national des technologies de l'éducation (CNTE), Wala Turki a indiqué que cette plateforme, lancée cet après-midi sur l'adresse suivante https://enucol.education.tn, au profit de quelque 88 mille enseignants, a pour objectif de garantir l'égalité des chances entre enseignants et élèves et s'inscrit dans le cadre de la stratégie du ministère de l'éducation visant la numérisation du secteur et l'amélioration de la qualité du système éducatif.
L'enseignant pourra, à travers cet espace numérique et selon une démarche précise, déposer les résultats des élèves avec une possibilité de corriger la faute en cas de besoin.
Ce système permettra également dans une première étape aux élèves du baccalauréat d'obtenir un bulletin de notes pour ceux voulant s'inscrire à distance dans des universités étrangères.