Bras de fer entre Ennahdha et les autres blocs parlementaires - Le Temps Tunisie
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Remplacements de membres et élection d’un président de l’ISIE

Bras de fer entre Ennahdha et les autres blocs parlementaires

Vendredi 18 Janvier 2019
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Le Temps – F.S. – TAP - Agissant comme le seul maître à bord, jouant sur les dissensions entre les autres blocs parlementaires et se croyant comme la plus grande force à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) avec ses 68 députés, alors que l’Assemblée en compte 217, le mouvement Ennahdha cherche à imposer ses conditions, mais il risque de déchanter, si les autres membres se liguent pour le faire plier. La situation risque de tourner au bras-de-fer, surtout que personne ne peut présumer les raisons qui poussent le mouvement islamiste à créer de nouveaux conflits, alors que les échéances électorales approchent à grands pas.

 

Contrairement à tous les autres blocs parlementaires, le mouvement Ennahdha a opté pour l’élection du président de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) avant de combler la vacance au sein de l'instance, a indiqué, la député de Afek Tounès à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) Rim Mahjoub, précisant qu’Ennahdha avait boycotté la réunion de la semaine dernière.
"Ennahdha n’a pas l’intention de combler la vacance au sein de l'Instance et veut garder les trois membres dont les noms ont été retenus lors du tirage au sort", a indiqué Rim Mahjoub, lors d'une conférence de presse organisée par Afek Tounès, mercredi à Tunis. Elle a expliqué qu’Ennahdha avait précédemment accepté de combler la vacance au sein du conseil de l’instance avant l'élection du président. Selon elle, le dossier de l’ISIE n’a pas été abordé lors de la réunion tenue, mardi, avec le président de l’ARP Mohamed Ennaceur. Ennahdha, d'après la députée, a demandé de lui accorder plus de temps pour examiner la question et vérifier les dossiers de candidature.
Elle a ajouté que deux propositions avaient été présentées, soit remplir la vacance en tenant compte des 3 membres qui restent à pourvoir, à savoir un spécialiste en finances publiques, un spécialiste en informatique et un juge administratif, ce dernier sera élu vu qu'il y a une seule candidature, soit faire un tirage au sort entre les candidats qualifiés pour en faire partie. Selon Mahjoub, ces propositions ont été rejetées.
Elle a également déclaré qu'elle avait proposé de recourir à la grille d'évaluation prévue par la loi et de choisir ceux qui se trouvaient à la tête du classement, soulignant que cette proposition avait également été rejetée.
La réunion a été reportée, à la demande du président de l’ARP, afin de parvenir à une solution et à un accord sur la composition de l’instance avant de procéder à l’élection durant la séance plénière du 23 janvier. Mahjoub a indiqué qu'il était "très difficile de s'entendre", accusant certaines parties de chercher à esquiver la question et de ne pas trouver une solution concernant la composition de l’ISIE. Elle a, par ailleurs, estimé que cela était très dangereux, surtout à 8 mois seulement des élections législatives et présidentielle.
Mahjoub a également évoqué les problèmes actuels, notamment les rapports présentés par les membres de l’instance au parlement sur le président démissionnaire de l'ISIE, Mohamed Tlili Mansri, ainsi que les rapports présentés par ce dernier sur les membres, que le président de l'ARP a refusé d'en divulguer la teneur en plénière, ce qui menacerait, selon elle, le processus électoral en termes d'impartialité, d'intégrité et de transparence.
Elle a ajouté qu’Afek Tounès accordait un intérêt à l’instance, compte tenu des menaces qui pèsent sur la transition démocratique. Selon elle, il faudrait accélérer le comblement de la vacance au sein de l'ISIE et procéder à l’élection de son président afin d’assurer la bonne préparation des prochaines échéances électorales.
Mahjoub a également exprimé son étonnement face à la décision unilatérale prise par l’instance concernant la fermeture de l'enregistrement le 31 janvier, alors que la loi stipule que l’enregistrement reste ouvert jusqu'à un mois avant les élections, comme tous les autres pays du monde.
Elle a critiqué ce qu'elle considère comme une censure des médias qui n'ont pas éclairé l'opinion publique sur la date de suspension du processus d'enregistrement, en plus de la difficulté de l'enregistrement, qui se fait uniquement au chef-lieu de gouvernorat et des difficultés qui en découlent, notamment s'agissant des problèmes de déplacement entre les délégations.