Le ballon d’essai du mouvement Ennahdha - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

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2019

Ghannouchi et les présidentielles

Le ballon d’essai du mouvement Ennahdha

Mardi 15 Janvier 2019
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"Je n’ai pas d’ambitions présidentielles", a assuré le président du Mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi en allusion à la déclaration de la députée du parti, Yamina Zoghlami qui avait dit qu’il (Ghannouchi) est le candidat d’Ennahdha à la prochaine présidentielle.

"En faisant cette déclaration, Yamina Zoghlami s’est basée sur le règlement intérieur du Mouvement Ennahdha qui stipule que le président du parti est le candidat naturel à la magistrature suprême", a-t-il tenu à préciser lors d’une conférence organisée par le Centre des études stratégiques et diplomatiques à Tunis, sur le thème "la révolution, 8 ans après : vision et prospective".

Par ailleurs, Ghannouchi a réaffirmé l’attachement du parti au déroulement des prochaines élections dans les délais impartis, faisant remarquer que cette échéance électorale représente une carte gagnante dans le processus de transition démocratique.

Il a également mis l’accent sur l’urgence de mener à terme le processus d’élection des membres du Conseil de l’ISIE et de son président et d’assurer la mise en place de la Cour Constitutionnelle.

Sur un autre plan, le président d’Ennahdha a insisté sur l’initiative du mouvement relative à la poursuite du processus de la justice transitionnelle après la fin de la mission de l’Instance Vérité et Dignité.

Sihem Ben Sédrine a quitté sa fonction sans clore le dossier des "victimes et des bourreaux", a-t-il noté, faisant remarquer que les procès qui se sont déroulés devant les chambres spécialisées demeurent inachevés, dès lors que les "bourreaux" n’avaient pas répondu présents aux audiences.

A ce propos, le mouvement Ennahdha, a-t-il indiqué, va proposer le développement de la loi sur la justice transitionnelle de manière à lui conférer l’efficacité requise, rappelant que la justice transitionnelle a pour ultime finalité la réconciliation nationale loin de tout esprit vindicatif.

Cependant, Ghannouchi, n’a pu confirmer la possibilité que le président déchu Zine El-Abidine Ben Ali soit concerné par cette réconciliation qui, a-t-il estimé, relève de la compétence de la justice.

Ghannouchi a néanmoins appelé Ben Ali à présenter ses excuses au peuple tunisien.

 

Un consensus suspect

Par ailleurs, le président du Mouvement Ennahdha a souligné l’attachement du parti au partenariat et au consensus avec le président de la République, mais aussi avec le chef du gouvernement.

"Nous tenons à maintenir le partenariat et le consensus avec le président de la République et le chef du gouvernement, sur la base des prérogatives et des attributions assignées à chacun", a-t-il souligné.

"Nous évitons toute interférence dans les dossiers qui relèvent du ressort de la présidence de la République, dont les affaires étrangères et la Défense et nous faisons de même avec les dossiers qui sont du ressort de la présidence du gouvernement, en l’occurrence les dossiers de la politique économique et sociale", a-t-il ajouté.

"Nous faisons la part des choses à ce sujet", a-t-il tenu à préciser.

Le mouvement Ennahdha n’a pas annoncé la fin du consensus avec le président de la République Béji Caïd Essebsi, a encore souligné Ghannouchi.

"Il n’y a pas de rupture entre les parties au pouvoir, dans la mesure où il n’y a aucune autre alternative à la politique de consensus imposée par la loi électorale qui représente un acquis de la démocratie", a-t-il indiqué, faisant remarquer que la démocratie consensuelle met fin au monopole du pouvoir.

Selon lui, "le gouvernement va assurer sa mission jusqu’aux prochaines élections". " Il n’y a plus de temps pour former un nouveau gouvernement", a-t-il argumenté.

Le gouvernement en place doit vaquer exclusivement à ses missions gouvernementales, a-t-il indiqué, ajoutant que "chaque citoyen à le droit de faire de la politique, mais nous sommes dans une situation exceptionnelle où le gouvernement doit se consacrer exclusivement à ses tâches".

Ainsi, en laissant la porte ouverte au consensus avec un président de la République qui n’a plus les moyens de faire face à son diktat, Rached Ghannouchi trace les lignes conductrices, pour la prochaine étape.