Ennahdha réagit… sans arguments pour convaincre - Le Temps Tunisie
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2019

Face aux accusations du Collectif de défense de Belaïd et Brahmi

Ennahdha réagit… sans arguments pour convaincre

Dimanche 13 Janvier 2019
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Les réactions du mouvement Ennahdha face aux accusations et les mises en cause, dans de nombreuses affaires louches et qui arrivent, même, à être considérés comme « des crimes contre la sécurité et la stabilité de l’Etat » se multiplient, mais sont rarement convaincantes. Elles traitent du pourtour des accusations, sans évoquer, toujours, le fond des problèmes.

Croyant que l’attaque est la meilleure défense, ce qui n’est pas le cas, dans pareilles circonstances, Ennahdha s’en prend à la Gauche, l’accusant de tous les maux, tout en évitant de présenter des explications plausibles et pouvant enlever toute équivoque.

Le cas de la réaction de Imed Khémiri, le porte-parole du mouvement islamiste face aux accusations du Collectif de défense des affaires des assassinats de Belaïd et Brahmi est bien édifiant, avec la manière utilisée pour tourner autour du pot.

"Le Collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi n’est que l’intercesseur d’une formation politique qui voit dans le mouvement Ennahdha un ennemi idéologique et politique", a estimé vendredi le porte-parole d‘Ennahdha, Imed Khémiri.

"Cette formation politique est anarchiste. Elle refuse de reconnaitre la justice et ses institutions et ne se fie qu’aux médias et aux conférences de presse, alors qu’elle aurait pu recourir à la Justice", a-t-il déclaré en allusion au Front populaire.

Tout en accusant le collectif de défense de faire pression sur les institutions judiciaires, Khémiri a estimé que l’escalade verbale et l’atteinte aux instances judiciaires sont une forme de déni de l’Etat et de ses institutions, tout comme elles représentent une menace pour le processus démocratique et l’indépendance de la justice.

Le porte-parole d’Ennahdha a également pointé du doigt les déclarations du collectif de défense qui, a-t-il dit, ont pour dessein de "salir" la vie politique.

Cette formation politique anarchiste ne veut pas considérer le mouvement Ennahdha comme un acteur politique avec qui on pourrait traiter sur la base des mécanismes de la démocratie, a-t-i ajouté.

"Les accusations portées par le Collectif de défense ne visent pas directement le mouvement Ennahdha", a-t-il tenu à préciser, assurant que le mouvement n’a aucun lien avec Mustapha Kheder, accusé par le collectif de diriger l’organisation secrète d’Ennahdha.

Le mouvement est l’une des parties les plus concernées par la révélation de la vérité sur les assassinats. Les parties qui parlent de cette organisation secrète sont eux-mêmes sujets à caution en l’absence de données sur les officines qu’elles ont sollicitées pour mettre la main sur les documents révélés".

Les réussites réalisées par le mouvement Ennahdha dans les différentes échéances électorales ont poussé certains à adopter les mêmes pratiques de Ben Ali, basées sur le harcèlement et la propagande et ce, en portant atteinte à leurs ennemis en les accusant de terrorisme et de complot contre l’Etat.

Concernant la rencontre entre le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi et le président de la République Béji Caïd Essebsi, Khémiri a souligné que " cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une série d’entretiens ordinaires autour des questions d’ordre public et des difficultés que traverse le pays".

A cet effet, il a estimé que le président de la République œuvre à apaiser la tension socio-politique, conformément aux prérogatives constitutionnelles qui lui sont attribuées, affirmant que Béji Caïd Essebsi demeure le symbole de l’unité des Tunisiens, et le protagoniste de la réussite de la transition démocratique pour l’étape à venir.

Khémiri a laissé entendre que la poursuite du dialogue entre Ennahdha et le président de la République est de nature à permettre de trouver des solutions et de remédier aux difficultés que traverse le pays.

"Ennahdha considère la relation avec le président de la République vitale et de ce fait elle doit perdurer", a-t-il conclu.

L’ombrelle sous laquelle se cache le mouvement islamiste, depuis plus de quatre ans, a disparu, avec la rupture avec Béji Caïd Essebsi, et il vaut mieux qu’Ennahdha demande le pardon du peuple, au lieu de tergiverser et de défendre l’indéfendable.