Omerta… - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 8 Février 2019

Suivez-nous

Dec.
10
2019

Chronique

Omerta…

Vendredi 11 Janvier 2019
نسخة للطباعة

Mustapha Khedher impliqué pour homicide volontaire, dans l’affaire de l’assassinat de Mohamed Brahmi, aux côtés d’autres hauts faits d’armes avérés, susceptibles de lui valoir, au moins, la perpétuité, c’est encore un détail de l’histoire. Pour l’heure, ordre aurait été donné de noyer le poisson encore une fois, en stoppant net, l’enquête sur la « Chambre noire » et l’appareil secret d’Ennahdha, pour ne pas déranger en « haut lieu ». A savoir, la « tête » de la pyramide de cette filiale de la Confrérie des frères musulmans, couleur locale, ainsi que complices et associés.
Pourtant, les choses semblaient avoir pris une tournure sérieuse, depuis que l’enquête a été officiellement ouverte au pôle de l’Aouina, pour enfin, permettre de livrer, avec le nom des commanditaires, le fin mot d’une histoire qui n’aura que trop duré. Il semble hélas ! qu’il y a encore, sur ce plan-là, de l’eau dans le gaz.
Du coup, c’est toutes affaires cessantes que la procédure a été interrompue. Comme s’il n’y avait rien de plus urgent, que de calfeutrer encore une fois portes et fenêtres, en s’arrangeant pour perdre la clé dans la foulée, le temps que les négociations et autres marchandages en « souterrain », soient abouties, afin d’empêcher toute vérité d’advenir, et les coupables, d’être désignés.
Forcément, ça dérange quelque part. Autrement, pourquoi tergiverser, et empêcher continuellement, la justice de suivre son cours, si l’enjeu n’était pas majeur, et les retombées à venir, pour le moins conséquentes ? 
Ennahdha serait une obsession, un bouc-émissaire. Et puis quoi encore ? Si le parti de Rached Ghannouchi n’a rien à voir dans cette affaire, qu’il n’a jamais eu de chambre secrète, qu’il n’a pas mains liées avec les assassinats de nos martyrs, qu’il n’a pas infiltré tous les rouages de l’Etat pour mieux asseoir son assise, pourquoi  s’emploie-t-il à freiner à chaque fois, l’avancée de l’enquête, et pourquoi ses adhérents réagissent-ils toujours d’une façon épidermique et brutale, à chaque fois qu’il est question de lever le voile sur ce qui représente, l’un des manquements les plus graves à la sûreté de l’Etat, commis par ceux qui sont revenus au-devant de la scène en 2011, sachant que par le passé, leurs hauts faits d’armes contre ce même Etat, n’étaient pas, loin s’en faut, des plus exemplaires ? La réponse est dans la question. Il faut lever l’Omerta avant de passer à autre chose. La vérité n’attend pas.

Samia HARRAR