«RESCAP’ART» (PRIX OIF JTC 2018): Abstraction du Rubicon - Le Temps Tunisie
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PRIX OIF JTC 2018

«RESCAP’ART» (PRIX OIF JTC 2018): Abstraction du Rubicon

Dimanche 23 Décembre 2018
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«RESCAP’ART» (PRIX OIF JTC 2018): Abstraction du Rubicon
Refusée aux Journées Théâtrales de Carthage 2017 par le comité de sélection. Acceptée pour les JTC 2018 par le comité de sélection, «Rescap’art» de la compagnie sénégalaise éponyme a obtenu le prix de l’OIF. Tuée puis ressuscitée à l’inverse de la thématique de la pièce. Une thématique donnant à «Rescap’art» l’abstraction du Rubicon entre la vie et la mort.
«Rescap’art» n’avait pas été sélectionnée pour les Journées Théâtrales de Carthage 2017. Qu’à cela ne tienne ! La compagnie sénégalaise éponyme a renouvelé sa candidature pour les JTC 2018. Bien lui en fit ! Choisie en section parallèle, elle est repartie sur Dakar avec le prix de l’OIF en poche. Même si nous pensons que ce prix est une sorte de lot de consolation et un moyen pour les JTC pour se retrouver, de nouveau, dans les bonnes grâces de l’Organisation Internationale de la Francophonie…
Epurée de tout décor, mais se basant sur la lumière et les effets sonores, «Rescap’art» est une abstraction du Rubicon entre la vie et la mort que certains personnages, au début, acceptent de franchir. Mais devant la mort, ils se rétractent. La peur de mourir est plus forte que la peur de vivre.Des questions existentielles et des réponses : d’où venons-nous ? de nulle part ;qui sommes-nous ? de pauvres êtres sans défense face à la violenceque nous avons engendrée (guerre, crimes contre l’humanité, etc.) ; où allons-nous ? vers une mort assurée.
Seul élément scénique, une boîte que les personnages essayent d’ouvrir. Ils pensent qu’elle contient la clé à tous leurs problèmes. Mais, n’était-elle une nouvelle boîte de Pandore ?
 
«Afrique mon Afrique»
Le monde a déjà eu sa boîte de Pandore. L’Afrique aussi. «Afrique mon Afrique. Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales. Afrique que chante ma grand-mère, au bord de son fleuve lointain. Je ne t’ai jamais connue.Mais mon regard est plein de ton sang. Ton beau sang noir à travers les champs répandu. Le sang de ta sueur. La sueur de ton travail. Le travail de l’esclavage. L’esclavage de tes enfants», lance un des comédiens en hommage à l’auteur sénégalais David Diop.
La boîte, un leurre. La vie, un leurre. La mort, une réalité.
La pièce, née d’une écriture collective, repose sur la performance des jeunes comédiens. Utiliser le corps comme aimait à le faire feu Ezzeddine Gannoun. Et si l’on retrouve, dans «Rescap’art», le travail de ce dernier, ce n’est pas un hasard.La metteure en scène, Anne Marie D’Oliveira, a été «pensionnaire» des formations du Centre arabo-africain de formations et de recherche théâtrales à El Hamra, et ce, de 2010 à 2012.
Espérons qu’avec ce prix, ces jeunes comédiens ne dormiront pas sur leurs lauriers car il y a beaucoup de chemin à faire avant que le quatrième art sénégalais, en perte de vitesse, ne retrouve ses lettres de noblesses.
Zouhour HARBAOUI