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JTC 2018: «MOTS POUR MAUX» DE MOUNA N’DIAYE.. Ibn Rachiq s’en fiche…

Dimanche 16 Décembre 2018
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«Mots pour maux», de Mouna N’Diaye, a été victime d’un sérieux problème technique qui a mis à mal la pièce burkinabè. Et tout ça pour une histoire de fiche son. Une maison de la Culture sans fiche. Ibn Rachiq s’en fiche…
On se demande à quoi servent les fiches techniques que les troupes envoient avec leur dossier. Apparemment à rien au vu de ce qui s’est passé avec la pièce burkinabè «Mots pour maux». Une simple histoire de fiche son. Une maison de la Culture sans fiche. Ibn Rachiq, lieu de la représentation, s’en fiche. Et voilà comment une petite histoire de fiche son fiche toute une pièce en l’air.Une fiche disponible deux heures avant le début de la pièce !
Des programmateurs fichent,dans une salle de spectacle, une pièce sans tenir compte de la fiche technique. De quoi l’électrocuter et lui clouer le clapet!La scénographie et la mise en scène de «Mots pour maux» ont dû être revues à cause du choix de la salle. Et du coup le titre aurait dû être «Maux pour mots». Véritable électrochoc pour les comédiens !
L’histoire de Steffi (Mouna N’Diaye) se passe dans un hôpital psychiatrique. Violée à l’âge de 8 ans par un «tonton», ami de son papa, personne ne la croit, surtout pas sa mère. Et même si Steffi a grandi, son mental, lui, fait un blocage surses 8 ans. Un blocage dû au choc du viol, à un accident de voiture, mais aussi à sa relation ambiguë avec son frère.
Dans la scénographie originelle, les spectateurs, à qui on fait habiller une blouse blanche, évoluent d’un bout à l’autre de l’espace choisi, à la suite d’un professeur en psychiatrie. Ce dernier s’arrête devant des écrans et explique à ses «élèves-spectateurs» les différents cas psychiatriques. Avant d’arriver à la «cellule» de Steffi.
A Ibn Rachiq, les comédiens ont dû composer avec l’espace choisi par les programmateurs des JTC. Une salle avec fauteuils. Une salle avec scène en hauteur.
Le seul espace qui aurait pu convenir à la scénographie originelle est l’Etoile du Nord. Même si cette salle est excentrée, bien qu’elle ne soit pas loin du centre-ville.
S’adapter mais…
Du coup, à Ibn Rachiq, la pièce a été statique et a obligé les comédiens à une autre mise en scène, en l’absence du metteur en scène. Une mise en scène et une scénographique qui ont troublé le public. Ce dernier ne savait pas quoi penser de la pièce.
Le stress, que leur a imposé l’histoire de la fiche son et le changement de scénographie et de mise en scène, a atteint le moral des comédiens. Même s’ils ont essayé de donner le meilleur d’eux-mêmes. Et l’on ne sait si les larmes finales de Mouna N’Diaye étaient celles de Steffi, extériorisant sa douleur dans le silence, ou celles de la comédienne pleurant de dépit et de rage. 
Connaissant tous ces «couacs», nous ne pouvons, décemment, juger de «Mots pour maux». Nous espérons la voir, à une autre occasion, mais avec sa scénographie originelle.
Certains parleront d’adaptation. Mais comment s’adapter quand rien n’est fait pour l’adaptation ?Comment s’adapter après avoir couru après une fichue fiche son ? Comment s’adapter quand rien n’est fait pour aider ?
Adapter c’est aussi dénaturer la pièce. Car une pièce n’est pas uniquement des mots. C’est un ensemble.Et si les organisateurs n’envoient pas la fiche technique de la salle programmée pour le spectacle, la troupe ne peut aucunement s’adapter.
Zouhour HARBAOUI
 
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