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Magistrats partisans de la justice transitionnelle: Entre crédibilité et besoin de servir certaines parties

Dimanche 16 Décembre 2018
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Magistrats partisans de la justice transitionnelle: Entre crédibilité et besoin de servir certaines parties
Les doutes sur la crédibilité des magistrats ne cessent de s’approfondir, surtout avec des affaires politiques, des meurtres et des affaires qui trainent en longueur et qui ne sont pas encore élucidées. Cette situation perdure, surtout que le ver est dans le fruit, depuis la prise en charge du ministère de la Justice par Samir Dilou qui avait fait en sorte de placer des pions au service de son mouvement islamiste, à tous les niveaux de prise de décisions.
L’existence de deux organisations de magistrats donne matière à réflexion, sinon comment expliquer qu’une corporation qui compte quelques centaines de membres puisse avoir recours à ces deux organismes, ce qui est de nature à réduire sa puissance et celle de l’indépendance de la magistrature.
D’ailleurs, il n’y a qu’à voir les derniers développements, pour se rendre compte que le pays a une justice à deux vitesses. si on regarde de plus près ce qui se passe dans les multiples affaires qui concernent la sécurité de l’Etat, les assassinats politiques des martyrs Chokri Bélaïd et Haj Mohamed Brahmi, ainsi que celui de Lotfi Naguedh, et certaines accusations, dans le passé, contre la présidente de Abir Moussi, la présidente du Parti destourien libre, pour se rendre compte que certains magistrats ne sont pas aussi crédibles qu’on le souhaite.
C’est le cas, aussi, avec les affaires de la justice transitionnelle, avec des magistrats qui se croient investis d’un droit divin pour servir les intérêts du mouvement Ennahdha, avec les compensations décidées pour ses partisans.
Des pressions et critiques ont été exercées sur le pouvoir judiciaire pour le décourager de travailler sur des dossiers de la justice transitionnelle liés à des violations flagrantes des droits de l'homme ou à une corruption financière et administrative, a eu l’audace de déclarer Anas Hamadi, président de l'Association des Magistrats Tunisiens.
Dans une déclaration à l'agence TAP vendredi, en marge de la conférence finale des travaux de l'Instance Vérité et la Dignité en Tunisie, il a déclaré que le pouvoir judiciaire avait fait de gros efforts pour traiter les affaires des graves violations des droits de l'Homme, mais n'avait pas encore progressé en matière de corruption financière et administrative.
Hamadi a souligné que le système judiciaire spécialisé dans la justice transitionnelle était disposé à jouer pleinement son rôle pour traiter toutes les questions en suspens liées à la corruption financière qui accusent un certain retard.
Il a souligné que l'Association des juges soutient le processus de justice transitionnelle depuis sa création, en particulier après avoir finalement rejoint la "Coalition pour soutenir le cours de la justice transitionnelle", "l'un des éléments majeurs qui ont soutenu ce processus".
Le président de l'Association des magistrats tunisiens a indiqué que le cours de la justice transitionnelle était menacé, mais l'IVD avait été soutenue pour mener à bien ses travaux et exposer aux Tunisiens ses travaux.
Il a souligné que les critiques du pouvoir judiciaire concernant son rôle dans l'établissement de la justice transitionnelle sont légitimes, mais devraient tenir compte des procédures de suivi et de traitement qui prennent du temps, se félicitant de la forte présence de représentants du pouvoir judiciaire à cette conférence.
Pauvre pouvoir judiciaire qui cherche à redorer son blason aux dépens des bâtisseurs de la patrie et qui ont offert aux magistrats, venus de toutes les régions et de toutes les catégories sociales, sous la présidence du leader Habib Bourguiba qui n’était pas, surement un sain, mais qui a été remercié par des personnes indignes qui cherchent à ternir son image… alors que le monde entier salue ce leader clairvoyant et honnête.
Faouzi SNOUSSI
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