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Dossier des assassinats politiques: Passivité suspecte avec l’intention de noyer le poisson

Dimanche 21 Octobre 2018
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Dossier des assassinats politiques: Passivité suspecte avec l’intention de noyer le poisson

L’affaire des assassinats des martyrs Chokri Belaïd et Haj Mohamed Brahmi dure, depuis plus de cinq ans, avec beaucoup d’eau qui a coulé sous les ponts, des révélations et des démentis des pouvoirs publics et du mouvement Ennahdha, alors que les choses sont claires et que le commun des mortels sait qui pointer du doigt pour ces méfaits abominables. Les dernières révélations du comité de défense des deux martyrs ont été comme des coups de tonnerre, et les réactions ont été de différentes sortes, allant même au démenti officiel concernant l’existence d’une organisation parallèle au ministère de l’Intérieur.

Les dates fatidiques des assassinats de Chokri Belaïd et de Haj Mohamed Brahmi remontent au 6 février 2013 et au 25 juillet de la même année, avec les événements qui avaient suivi lors des enterrements, surtout que certains énergumènes bien précis ont provoqué du grabuge et provoqué des troubles, prouvant, montrant, si besoin est, qui sont les commanditaires de ces meurtres sordides et inhumains.

Plus de cinq ans plus tard, la justice n’a rien entre les mains, sauf des sous-fifres, alors que les commanditaires jouissent d’une impunité qui n’existe pas même dans les pires des républiques bananières.

Pourtant, le président de la République Béji Caïd Essebsi avait promis aux veuves des deux martyrs, juste après son élection, que son premier objectif serait de lever le voile sur ces meurtres… Et comme toutes les promesses faites aux Tunisiens, rien n’a été fait. Pire encore, les choses sont allées en s’envenimant, provoquant de multiples fissures dans les rangs du peuple tunisien qui a perdu confiance en ses décideurs politiques.

Les dernières révélations du comité de défense des deux martyrs est venue ranimer la flamme, avec es révélations fracassantes concernant la chambre noire au ministère de l’Intérieur ou, si on l’appelle de son vrai nom, la police parallèle, l’implication d’un juge d’instruction promu pour services rendus, au poste de procureur de la République près le tribunal de première instance de Tunis, selon les accusations de Hamma Hammami, le porte-parole du Front national.

D’ailleurs, le Parti des patriotes démocrates unifié (PPDU), "Al-Massar" et le "Courant populaire" ainsi qu’une délégation représentant le collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi ont appelé les présidences de la République et du Gouvernement à faire preuve de "responsabilité" vis-à-vis du dossier de cette affaire.

Au cours d’une réunion, tenue vendredi, ils ont demandé de "traiter avec efficacité et responsabilité" les déclarations faites lors de la conférence de presse du collectif de défense ainsi que "les documents qui y ont été présentés et font partie du dossier de l’une des personnes impliquées dans la structure secrète qui menace la sûreté de l’Etat".

Pour sa part, l'Association tunisienne des femmes démocrates a appelé, pour sa part, toutes les autorités, en particulier le président de la République et le chef du gouvernement, à "assumer leurs responsabilités juridiques et politiques et à prendre au sérieux les assassinats politiques afin de faire la lumière, déterminer les responsabilités et demander des comptes aux coupables quel que soit leur rang politique".

Dans une déclaration publiée vendredi au terme de la réunion de son comité directeur élargi et de l’examen des données révélées par le collectif de défense dans le dossier des martyrs Chokri Belaïd et Mohammad Brahmi, l'Association a dénoncé "le silence suspect les institutions de la présidence de la république et de la présidence du gouvernement sur ces faits dangereux malgré les précédentes promesses électorales de divulguer pleinement la réalité des assassinats dans le pays".

Elle a également condamné "la mollesse de l'Assemblée du peuple à demander des explications aux ministres de l'Intérieur et de la Justice sur ces faits et sur leur impact sur la sécurité nationale", selon la déclaration.

L'Association a appelé aussi le pouvoir judiciaire à "reconsidérer sérieusement toutes les péripéties de cette affaire et à l'exposer à l'opinion publique avec un engagement en faveur de la neutralité, de la transparence et de l'exclusion totale de toutes pressions politiques".

Elle a lancé enfin un appel aux "forces démocratiques, civiles et syndicales à faire preuve de vigilance et d'agir sous forme de coalition civile élargie pour prêter main forte au collectif de défense".

En plus de ce dossier épineux toujours irrésolu, par manque de bonne volonté, des zones d’ombre de la justice se multiplient, par ailleurs, dans le déroulement de l’action du pouvoir judiciaire. Il y a cette affaire de l’ancien ministre de l’Intérieur, Najem Gharsalli, qui fait l’objet d’un mandat d’amener, mais qui n’est pas inquiété outre mesure, jouissant d’une impunité suspecte, alors qu’il n’a pas quitté le pays. La levée du gel des avoirs de Slim Riahi qui est vite allé fusionner son parti avec Nidaa Tounès, la libération de l’animateur TV, ………, et on en passe, pour arriver à la rupture entre Nidaa Tounès avec le mouvement Ennahdha, après plus de quatre années d’un consensus contre-nature. 

Que Dieu ait pitié de la Tunisie.

 

Faouzi SNOUSSI