Une symbiose entre le violon et la harpe - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 3 Mars 2021

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Mar.
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2021

Octobre musical/Vera Ait Tahar et Maia Darmé

Une symbiose entre le violon et la harpe

Samedi 20 Octobre 2018
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Le spectacle donné récemment à l’Acropolium de Carthage dans le cadre de l’Octobre musical par la violoniste russe Vera Floug Ait Tahar et la harpiste française Maia Darmé a permis une rencontre insolite entre ces deux instruments à travers des oeuvres du 19è et du 20è siècles.

Durant un peu plus d’une heure, un public, certes peu nombreux, n’avait pas regretté ce déplacement vers la colline de Byrsa, à l’ancienne cathédrale Saint-Louis (Louis IX, roi de France) mort de la peste en 1270 à Tunis. L’histoire en cette soirée d’automne se confondait au présent dans cet ancien lieu de culte. De plus, ce public avait plus d’yeux pour la harpe, cet instrument magique qui était resté peu utilisé ou prou sous nos cieux durant des dizaines d’années. Maia Darmé a restauré en 2016 l’unique harpe classique existant en Tunisie et qui date de 1908. Elle appartenait à l’orchestre national de la Radiodiffusion Française à Tunis et elle est l’oeuvre de la Maison Sébastien Erard l’inventeur de la harpe moderne dite « à pédales » et qui est d’usage actuellement en musique classique. Un modèle gothique à 47 cordes. La Maison Erard a arrêté en 1959 la production de ce genre de harpes, mais ces dernières sont restées  toujours prisées et jouées à travers le monde. Notre bonne vieille harpe appartient aujourd’hui à l’Orchestre symphonique tunisien où Maia Darmé y a joué et y joue. Et pour revenir au concert, ce dernier était à deux voix, celles de deux instruments à cordes : le violon et la harpe. Nous étions plongés dans une atmosphère de calme et de volupté dans cet espace majestueux car les morceaux choisis épousaient l’atmosphère où lr recueillement était de mise et seulement par le truchement de la musique de chambre. De Haendel, à Pachelbel, à Hayden et jusqu’à Bach et Schubert avec « Ave Maria », c’était de la haute voltige qui nous prenait et nous prenait encore au rythme de ces musiques qui font tout simplement rêver. La harpiste allait jouer en solo une oeuvre d’Ambroise Thomas : « L’adieu du Menestrel. » Le public en était envoûté. Et le duo de retourner pour interpréter d’autres morceaux dont  « Habanera », un extrait de l’opéra « Carmen » de Bizet. « Csardas », de Monti, très familier à l’ouïe du public mélomane, avait clos ce spectacle avec une standing ovation pour ces deux artistes. Un beau concert dont en redemande.

                                                                   Lotfi BEN KHELIFA