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Réseau National des pépinières d’entreprises

20 ans après leur mise en place, il est temps de réviser l’écosystème entrepreuneurial

Vendredi 28 Septembre 2018
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• 75% est le taux de mortalité des entreprises et 50% des espaces d’hébergement demeurent  inoccupés

L’entrepreunariat et la promotion de l’initiative privée représentent en Tunisie comme une priorité nationale. L’objectif étant de lutter contre le chômage élevé dans lequel se débattent les diplômés de l’enseignement supérieur. C’est ainsi que l’ancien régime a mis en place un certain nombre de mécanismes d’appui et d’instruments permettant d’accompagner le jeune  pormoteur ou encore tout promoteur potentiel durant toutes les phases de création du projet, depuis l’idée jusqu’à l’étape de post-création. Le programme national de mise en place de pépinières d’entreprises au sein des établissements d’enseignement supérieur a été lancé en 1999 après la signature d’une convention cadre entre les ministères de l’Enseignement Supérieur et de l’Industrie. 20 ans après, c’est l’heure du bilan. Du fait une mini conférence a été organisée hier au siège de l’APII pour discuter du réseau national des pépinières d’entreprises (RNPE). Faut-il réviser les instruments d’accompagnement à la création d’entreprises : telle est la question ?

Pour Samir Bechouel, DG de l’APII, la réponse est systématique : une révision de l’écosystème entreprenurial est essentielle tant au niveau légistaltif qu’au niveau des stratégies.

« Le constat est éloquent : 25% est le taux de surivie des entreprises après une moyenne de deux ans d’hébergement », affirme le DG de l’APII.

Si 75%  des promoteurs ayant bénéficié de l’accompagnement ont fini par s’effilocher et disparaître et 50% des espaces d’hebergement demeurent inoccupés, c’est qu’il  une défailance quelque part dans l’écosystème. « L’APII a déjà entamé la réflexion autour des scénarios possibles pour assurer l’efficacité des mécanismes d’appui : faut-il apporter des révisions ou des améliorations à la structure actuelle ou  faut-il revoir tout le système de A à Z», assure M.Bechouel.

Donia Barakati, responsable d’une pépinière d’entreprises a  présenté l’évolution du RNPE en chiffres. « Nous comptons au total 28 pépinières. Leur rôle va de la sensibilisation, la formation, l’accompagnement, l’hebergement à l’accompagnement post-création », précise Mme Barakati.   Et d’ajouter : « l’APII recense 600 accompagnés par an, plus de 180 études finalisées par an, entre 500 et 600 entreprises créées/an, 13% d’entreprises accompagnées, 50% des espaces d’hébergement sont occupés et 60% des entrepises sont accompagnées  dans le secteur des services.  

Les carences en matière de communication et le manque de synergie entre les différentes structures peuvent expliquer un tant soit peu l’inefficacité de ces mécanismes.

Adnen Zidane, chargé de l’administartion générale de la promotion des petites entreprises au sein du ministère de l’Industrie impute  l’échec  relatif des mécanismes d’appui à la qualité des plans  d’affaires présentée. « Des business plan qui sont dans la majorité non bancables », affirme-t-il. Du fait, le ministère de l’industrie travaille sur la révision des centres d’affaires et ce dans le cadre d’une coopération tuniso-italienne. « Nous devons cibler les régions, les promoteurs et travailler sur des niches, telle est notre orientation future », souligne le réprésentant du ministère de l’Industrie.

Pour sa part, le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, premier partenaire du ministère de l’Industrie s’attelle à apporter de nouvelles offres d’accompagnement telles que le mécanisme post PFE lancé en 2017.

Ainsi pour promouvoir l’initiative privée et encourager les jeunes à lancer leur propre entreprise, tous les ingrédients du puzzle doivent êtres réunis. Il ne suffit pas de fourmiller les mécanismes d’appui et d’accompagnement alors que l’essentiel est de veiller à obtenir  les résultats escomptés.

Yosr GUERFEL AKKARI