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Enseignement: Une école privée sans les avantages du privé: oui, ça existe !

Dimanche 16 Septembre 2018
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Enseignement: Une école privée sans les avantages du privé: oui, ça existe !

Si l’on demande aux parents d’élèves pourquoi ils ont choisi d’inscrire leurs enfants dans une école privée, nombreux sont ceux qui répondront : pour les langues ! Contrairement aux écoles publiques, l’apprentissage des langues française et anglaise commence dès la première année, voire de la maternelle et s’aligne sur les systèmes des pays d’origine. Mais voilà, une école privée de la cité El Ghazela a décidé de faire autrement et d’enseigner le français «classique» à ses élèves. 

L’enseignement des langues dans les écoles publiques a toujours posé problème. Pour preuve, les notes catastrophiques, année après année, obtenues par une bonne partie des bacheliers en français et en anglais. Ceci est l’une des raisons majeures qui ont poussé de très nombreux parents tunisiens à opter pour l’enseignement privé, quitte à payer plus cher, parfois même très cher, pour inscrire leurs enfants dans des écoles privées. 

Ils s’attendent qu’au cours de l’année scolaire, leurs chérubins soient bien encadrés et qu’ils soient aussi bien en mathématiques qu’en arabe ou encore en sciences et langues étrangères. Là encore, ils devront payer le prix fort puisqu’ils devront, en plus des fournitures et manuels scolaires habituels, acheter des manuels de français et d’anglais importés de France et de Grande Bretagne qui coûtent cher, vraiment cher. 

Mais ils estiment tous que ce sacrifice financier est justifié et que ces manuels sont beaucoup mieux élaborés de point de vue et plus consistants pédagogiquement que ceux de l’enseignement tunisien public. Mais voilà qu’une école privée de la cité El Ghazala (Ariana) a décidé de faire autrement pour les élèves de sixième année primaire, prétextant que cette année le ministère a imposé les manuels de base puisque le concours national de sixième est de nouveau obligatoire. 

Suivant cette logique, les manuels de France nuiraient au niveau des élèves en français et réduiraient leurs chances d’avoir de bonnes notes au concours de fin d’année. Le directeur de l’école s’est, quant à lui, voulu rassurant et a affirmé aux parents que les élèves étudieront bien la langue selon le système français mais sans livres. Logique !

Décisions unilatérales, menaces de grève, manque et absence d’enseignants, indiscipline des élèves... Les écoles tunisiennes ressemblent de moins en moins à ce qu’elles étaient dans le passé, à savoir des temples du savoir et de savoir-vivre où les enfants recevaient un enseignement digne de ce nom. Aujourd’hui, société en mutation oblige, tout a changé mais pas dans le bon sens. 

A l’ère où les technologies ont envahi le monde et où de nouvelles méthodes d’apprentissage ludiques et performantes ont fait surface, on peine encore à offrir aux élèves tunisiens un enseignement de qualité qui leur permet de repousser leurs limites et de s’ouvrir de nouveaux horizons.

 

 

Rym BENAROUS