Recomposition du paysage politique en prévision des élections - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 14 Novembre 2018

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2018

Hémorragie de démissions à Nidaa Tounès

Recomposition du paysage politique en prévision des élections

Mardi 11 Septembre 2018
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Lassés par les errements de leurs dirigeants, huit députés de Nidaa Tounes ont jeté l’éponge et préféré quitter le navire qui coule, comme l’ont fait beaucoup d’autres députés, depuis les dernières élections présidentielle et législative, réduisant le parti à devenir l’ombre de ce qu’il avait été et en qui tout le monde avait cru, surtout qu’il avait à sa tête, le politicien le plus expérimenté.
 

 

Les membres de Nidaa Tounès ne savent plus à quel sain se vouer, surtout avec le conflit qui oppose, ouvertement, le fils du président de la République, autoproclamé directeur exécutif du parti, en l’occurrence Hafedh Caïd Essebsi, et le président du gouvernement Youssef Chahed.
Les tentatives de conciliation ont toutes échoués avec, comme dernière information en date qui est considérée comme une bavure, le communiqué de la prestigieuse Présidence de la République qui affirme qu’aucune solution n’a été trouvée pour régler la crise.
Les pressions de Hafedh Caïd Essebsi pour pousser les membres de Nidaa à choisir leur camp, avec les dernières réunions, a été la goutte qui a fait déborder le vase et huit députés de Nidaa ont décidé de démissionner du bloc parlementaire du parti et de rejoindre le groupe de la "Coalition nationale", selon des informations fournies à l’agence TAP, par le député Mohamed Rachdi.
Les huit députés sont des grosses pointures influentes dans leurs régions et leur entourage, à savoir Zohra Driss, Moncef Sellami, Ahmed Saïdi, Issam Mattoussi, Lamia Dridi, Jalel Ghedira, Mohamed Rachdi et Marwa Bouazzi. Sans oublier, aussi, Wissam Aaïd qui a annoncé, hier sa démission, en direct sur les ondes de Mosaïque FM, ce qui porte le nombre des partants à neuf, sachant que l’hémorragie ne va pas s’arrêter à ce stade.
Joint par l'agence TAP, Zohra Driss a confirmé l’information, précisant que les huit députés comptent déposer officiellement leur démission au bureau de l’Assemblée des représentants du peuple demain.
Selon elle, la démission a été décidée il y a environ une semaine. Notre démission a été décidée à la suite de ce qu’elle a qualifiée de "déception" quant à la manière de gérer et de diriger le mouvement Nidaa Tournes, a-t-elle relevé, expliquant que le directeur exécutif de Nida Tounes "s’accapare tous les pouvoirs et n’accorde aucune considération aux structures et dirigeants du parti".
Par ailleurs, le député Mohamed Rachdi a indiqué que les huit députés ont été reçus, à leur demande, samedi, par le chef du gouvernement pour parler des préparatifs de l’année parlementaire et du projet de loi de finances pour l’année 2019. D’après lui, la question de la démission n’a pas été évoquée au cours de cette rencontre.
Rappelons que le groupe de la "Coalition nationale", constitué fin août dernier, regroupe 33 députés. Il est composé d’indépendants, de démissionnaires des groupes parlementaires des mouvements Machrou Tounès et Nidaa Tounès ainsi que des députés du bloc de l'Union patriotique libre.
Le parti Nidaa Tounes a désapprouvé le fait que le chef du gouvernement Youssef Chahed reçoive, au Palais Dar Dhiafa à Carthage, un bien appartenant à l’Etat, des députés du groupe parlementaire de Nidaa Tounès pour leur demander de rejoindre le nouveau bloc parlementaire de "la Coalition nationale".
Dans une déclaration rendue publique, samedi, et signée par le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, et le président du groupe parlementaire de "Nidaa Tounes", Sofiene Toubel, le parti condamne pareils agissements "contraires aux pratiques démocratiques".
Le chef du gouvernement préfère servir ses propres intérêts politiques (...), porter son attention sur les manœuvres politiques et désunir les rangs des partis et groupes parlementaires plutôt que de se concentrer sur les problèmes du pays, lit-on de même source.
Il faut, en outre, prendre en considération le renouveau du parti Al Joumhouri dont le Comité central vient de recommander à son Bureau exécutif de mener de larges concertations avec les forces socio-démocrates, pour former une "alliance" politico-électorale, en tant qu’alternative à l’"échec" du système de 2014 et pour redonner l’espoir aux Tunisiens.
Ainsi, avec la perte de terrain et les dérapages de son directeur exécutif, Nidaa a ouvert la voie à la création d’une troisième force politique au parlement qui va avoir son poids et son mot à dire, face aux deux autres qui mènent la danse, actuellement, à leur guise, et les prochains jours vont sûrement, nous apporter d’autres nouveautés.

F.S