Un fruit qui régale réellement les Tunisiens - Le Temps Tunisie
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2018

Saison des figues de Barbarie

Un fruit qui régale réellement les Tunisiens

Samedi 8 Septembre 2018
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Ajoutant, comme à l’accoutumée, une note de gaieté à l’ambiance générale, la saison des figues de Barbarie bat, en ce moment, son plein, un peu partout en Tunisie, notamment dans la Capitale et ses proches banlieues.

 

Comme l’ont noté, en effet, plusieurs citoyens, les figues de Barbarie ont le mérite d’avoir été, pratiquement, les seuls fruits tunisiens à avoir résisté aux méfaits de la loi du changement, conservant leur saveur et leur bon goût naturel de toujours, contrairement aux autres variétés de fruits, abricots, raisins, pêches, melons, et pastèques, entre autres, qui les ont perdus, à force de manipulations de toutes sortes. Aussi, les Tunisiens disent de ce fruit, qu’ils appellent «hindi», dans leur dialecte arabe, qu’il est le roi ou le sultan des fruits.
Mais, le charme des figues de Barbarie, elles le tirent aussi du mode de vente traditionnel qu’elles ont su garder et qui en fait une spécificité du paysage national. Alors que les autres fruits sont vendus et offerts ensembles dans les étals des marchés et les commerces agréés, les figues de Barbarie continuent d’être vendus par des petits revendeurs saisonniers qui ont fait de cette activité un véritable métier, sur des chariots et des brouettes rudimentaires, souvent épluchées et prêtes à être consommées sur place.
Un petit changement à signaler toutefois. Ces revendeurs de figues de Barbarie ont appris à les couvrir de glace pour les rafraîchir. Selon certains, ce moyen rehausse leur goût quoique la réfrigération a une autre fonction.
Après s’être régalé de six figues de Barbarie auprès d’un revendeur, à la rue Mongi Slim à Tunis, un citoyen nous a dit qu’il ne trouve du vrai plaisir qu’en mangeant les figues de Barbarie mûries à point, car les autres fruits tunisiens, autrefois aussi succulents, sinon davantage, à l’instar des raisins dit meski, ont perdu leur saveur et leur bon goût d’antan.
Cette impression est partagée par de nombreux autres citoyens dont certains attribuent cette perte de saveur à la tendance des producteurs et à leur suite des commerçants de ne pas laisser les fruits mûrir à point sur leurs arbres et de les cueillir plus tôt pour les vendre plus chers.
Mais, ce n’est pas la seule raison. Une dame nous a dit avoir acheté une pastèque dont la chair était rouge comme le sang, mais qui s’est avéré n’avoir aucun goût.
C’est aussi le cas des figues noires ordinaires vendues à cinq dinars le kilo, et généralement bonnes à manger. Un citoyen a dit en avoir acheté et a trouvé leur goût diminué.
Même le goudron traditionnel qui est encore vendu et utilisé en Tunisie, n’a plus sa qualité d’autrefois, d’après certains citoyens qui ont constaté que le goudron traditionnel vendu, actuellement, n’a plus cette odeur spécifique et frappante du goudron traditionnel d’autrefois.

 

Salah  BEN  HAMADI
 

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