La politesse n’est pas une option, mais une éducation ! - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 18 Septembre 2018

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Sep.
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2018

CITÉ DE LA CULTURE

La politesse n’est pas une option, mais une éducation !

Jeudi 6 Septembre 2018
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Ils sont employés à la Cité de la Culture, pourtant ils sont considérés comme des choses infinitésimales par beaucoup de «cols blancs», fonctionnaires du ministère de la Culture. Hommage à ces agents de sécurité et ces femmes de ménage !

 

 

Ils sont là, mais beaucoup ne les considèrent pas. On les voit, mais ils sont invisibles pour bien des pédants et des pédantes, des prétentieux et des prétentieuses, qui, parce qu’employés ou fonctionnaires du ministère de la Culture, se croient supérieurs aux autres, alors que, pour beaucoup, on se demande comment ils ont pu y avoir un poste : par hérédité, parpiston, par copinage, par concours bidon ? Peu importe comment, les pédants et les prétentieuses sont légion. Ils se considèrent comme un rocher, une sorte de «Marwah» de la Cité de la Culture, mais, dommage pour eux, une«Marwah»qui n’«arwa» pas…Heureusement que tous les employés et les fonctionnaires ne sont pas comme ça. Mais, comme on dit, ces derniers sont l’exception qui confirme la règle.

Donc, ces pédants et ces prétentieuses, de leur piédestal imaginaire, qui peut leur apporter des problèmes psychologiques et même psychiatriques à la longue, et qui ne savent même pas lire –j’écris bien lire, car décrypter c’est trop compliqué pour eux– un article, considèrent une certaine catégorie de personnel œuvrant dans et pour la Cité de la Culture, comme des moins que rien, comme une infinitésimalité, comme des meubles, alors que l’on est tous des enfants de neuf mois.

Cette catégorie de personnel est composéedes techniciennes de surface (alors pour ceux qui pètent plus haut que les trois premières lettres du mot culture, techniciennes de surface est l’autre nom de femmes de ménage ; au moins ils dormiront un peu plus cultivés ce soir), et des agents de sécurité. Car sans cette catégorie de personnel pas de Cité de la Culture ouverte au public et pas de Cité de la Culture lieu de programmation d’activités culturelles. La Cité serait une grande et grosse coquille vide d’Art et deCulture, et serait purement administrative. Non, non je ne raconte pas n’importe quoi. Par exemple sans agents de sécurité, il n’y aurait pas de spectacles, carn’importe qui pourrait entrer et faire son boxon dans tous les sens du terme (alors pour ceux qui pètent plus haut que les trois premières lettres du mot culture, qu’ils aillent chercher dans un dico ou sur le net la définition du mot boxon ; si j’avais écrit son synonyme, on m’aurait traitée de vulgaire).

 

Cette catégorie de personnel est celle qui travaille le plus : pas d’horaires de séance unique, travail à plein temps (dans des endroits, pour la plupart, non climatisés) même quand il n’y a pas d’activités culturelles, par exemple les agents de sécurité travaillent 12 heures d’affilée ou presque.Ils ont juste une petite demi-heure pour déjeuner. C’est quoi une petite demi-heure quand pour aller s’acheter un «c(r)asse-croûte» dans le coin il faut déjà près d’une demi-heure (entre se rendre dans un boui-boui, faire la queue pour être servi, retourner à son poste de travail et manger car le timing ne permet pas de manger dehors ni de savourer à l’intérieur) ? Et en remerciement de leurs bons et loyaux services, un salaire de misère et une ingratitude de la part d’une majeure partie des «cols blancs», dont la plupart n’ont de blanc que leur cerveau car il est vide de tout, sauf de prétention… Pas un bonjour, pas un mot gentil, pas un regard aimable (si regard il y a). Certains se font même insulter car ils font tout simplement leur boulot quand ils demandent de passer les sacs dans le scan du portique de sécurité ou quand ils interdisent le passage à des visiteurs, qui n’ont rien à y faire, aux parties administratives, et qui viennent juste voir leurs copains et leurs copines employés dans les bureaux…

Que dire des techniciennes de surface qui, tous les matins, s’échinent à rendre la cité immaculée de toute saleté et qui voient,une fois leur travail terminé, leur ouvrage sali par des personnes jetant les cendres de leur cigarette sur un sol propre et l’écrasant sur un parterre bien nettoyé ? Et quand certains employés ou fonctionnaires conscients (comme je l’ai déjà écrit heureusement que tous les employés ou les fonctionnaires de la Cité de la Culture ne sont pas impolis)leur en font la remarque, ces personnes leur répondent : «cet endroit est à moi et je fais ce que je veux !». J’aimerais bien voir leur réaction si une personne faisait la même chose chez eux.

Certains «bien-pensants» pourraient me dire que ces agents de sécurité et ces femmes de ménage n’avaient qu’à bien étudier à l’école, qu’eux au moins ont trouvé un boulot, qu’ils n’ont pas à se plaindre, etc. Je leur répondrais qu’actuellement bien étudié à l’école n’est pas synonyme de trouver du travail dans le secteur d’étude (il n’y a qu’à voir les chiffres du chômage !), que, parmi ces agents de sécurité, il y a des diplômés, que, certes, ils ont trouvé un boulot mais avec un Smig que peut-on faire, encore, chez nous ?, qu’ils ne se plaignent pas parce que c’est moi qui me plains à leur place, et qu’il faut expliquer aux «cols blancs» que la politesse n’est pas une option, mais, tout simplement,une éducation !

 

Zouhour HARBAOUI