L’UGTT dans l’obligation de revoir sa copie - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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Sep.
25
2018

Annonce d’une grève générale

L’UGTT dans l’obligation de revoir sa copie

Jeudi 6 Septembre 2018
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D’habitude, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) est le premier rempart contre tout ce qui peut porter atteinte à l’intégrité et la souveraineté du pays, mais il semble, qu’avec les derniers développements, l’important pour les dirigeants de la centrale syndicale est d’avoir la tête du chef du gouvernement, à tout prix et adviendra que pourra.

 

Défendre l’intérêt des travailleurs intellectuels et manuels est, bien sûr, le devoir de l’UGTT, au moment où le pouvoir d’achat de toutes les classes sociales s’effrite et tombe le plus bas possible.

Contester un chef du gouvernement, tel que Youssef Chahed, un apprenti politicien qui a des ambitions, est, aussi, le droit de la centrale syndicale qui est le barrière à toutes les ambitions politiques démesurées.

Etre parti dans des coalitions pour hisser le pays assez haut et lui éviter les errements, aux niveaux politique, économique et social, est, encore le devoir de cette organisation séculaire créée par le symbole de la lutte de la classe ouvrière contre l’occupant français, en l’occurrence le martyr Farhat Hached, et dirigée par la suite par des véritables patriotes comme Nouri Boudali (1952-1952), Mohamed Kraïem (1952-1954), Ahmed Ben Salah (1954-1956), Ahmed Tlili (1956-1963),  Habib Achour (1963-1965 - 1970-1978 - 1984-1989), Béchir Bellagha (1965-1970), TaïebBaccouche (1981-1984) et, aussi, Ismaïl Sahbani, AbdessalemJerad et, le dernier en date, Houcine Abassi, lauréat du prix Nobel avec l’UTICA et l’Ordre national des avocats.

Emporté par la colère et par son désir d’avoir la tête de Youssef Chahed qui a failli à ses promesses, si l’on peut dire, l’actuel secrétaire général de l’UGTT ? Noureddine Taboubi vient d’annoncer qu’une grève générale dans le pays peut être décrétée, le 13 septembre.

Toutefois, il est de notre droit de nous demander si Taboubi a mesuré l’ampleur des dégâts que cela peut provoquer, pour ce pays qui ne cesse d’être victime des errements de ses dirigeants et du mal qu’ils sont en train de lui faire, tout simplement pour réaliser des objectifs personnels.

Ce qui s’est passé, déjà, avec la grève de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN), du personnel de l’aéroport d’Enfidha, avec ce qui va suivre, notamment, après les menaces de Lassaad Yakoubi qui ne cesse de prendre les écoliers en otage, doivent donner matière à réflexion aux dirigeants de l’UGTT, pour faire leur autocritique et savoir tracer leur ligne de conduite pour l’avenir.

Il suffit de voir les commentaires et les critiques contre l’UGTT sur les réseaux sociaux, pour comprendre que la centrale syndicale est en train de déraper et qu’elle est en train de se faire plus de torts qu’elle n’en fait pour les autres, surtout ces politiciens de quatre sous qui dirigent le pays.

L’UGTT doit se remettre en cause, pour ne pas tomber dans un conflit dans lequel le président de la République l’utilise pour punir celui qui s’est révolté contre son autorité et pour placer son fils, Hafedh Caïd Essebsi comme un futur dirigeant politique d’un pays qui a besoin d’autres compétences plus qualifiées pour le diriger.

La centrale syndicale a, certes, des griefs contre Youssef Chahed et c’est légitime, au vu de la situation catastrophique actuelle dans le pays, mais de là à servir les intérêts du président de la République et de son fils, il y a bien matière à réflexion pour ne pas conduire le pays vers l’inconnu.

Noureddine Taboubi ne doit pas tomber dans le piège des partis politiques, parce que l’Histoire retiendra… alors qu’on attend qu’il fasse autant, sinon mieux que son prédécesseur, adviendra que pourra… et le départ de Youssef Chahed, malgré ses bévues, ne peut d’aucune manière améliorer la situation actuelle, dans le pays.

En outre, il est nécessaire de prendre en considération le fait que certaines parties sont aux aguets pour détruire cette citadelle qu’est l’UGTT et il ne faut pas leur laisser de brèches pour arriver à leur fin.

Faouzi SNOUSSI