Quoi de neuf pour les maisons de la culture? - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 25 Septembre 2018

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2018

A la veille de la rentrée culturelle

Quoi de neuf pour les maisons de la culture?

Vendredi 31 Août 2018
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En repli depuis quelques années, les grandes maisons de la culture de la capitale vont-elles retrouver leur fonction véritable et leurs lettres de noblesse? Au-delà de la question des moyens financiers, quels seront les programmes et les ambitions?

 

 

 

 

Les trois grandes maisons de la culture de la capitale ne sont plus ce qu'elles étaient et souffrent de plusieurs problèmes structurels. Ce n'est un secret pour personne qu'aujourd'hui, les programmes culturels les plus alléchants se déroulent aussi bien dans des espaces privés qu'au sein des grandes institutions du ministère des Affaires culturelles.

 

La vitalité du réseau et l'apport des institutions spécialisées

 

 

Plusieurs exemples viennent à l'esprit pour étayer cette affirmation. Ainsi, Ennejma Ezzahra, Beit el Hikma ou la Bibliothèque nationale accueillent aujourd'hui des manifestations qui avaient coutume de se dérouler dans les maisons de la culture. De fait, le réseau du ministère de tutelle comprend plusieurs pôles qui concurrencent les maisons traditionnelles de la culture et de nombreux observateurs craignent que la Cité de la culture apporte l'estocade finale aux centres culturels traditionnels.

C'est en effet la ruée vers la Cité de la culture dont les équipements sont des plus performants et les budgets autrement plus conséquents. La capacité de ce nouvel espace est importante et, c'est vrai, relègue le réseau traditionnel des maisons de la culture dans un anonymat relatif. Comment dès lors vont se comporter Ibn Rachiq, Ibn Khaldoun ou le club Tahar Haddad? Ces institutions qui furent des repères dans notre vie culturelle vont-elles retrouver un nouveau souffle voire redéfinir leurs projets pour s'adapter à la nouvelle donne?

Les situations de chacune de ces maisons de la culture diffèrent. Par exemple, Ibn Rachiq bénéficie d'un effet de continuité avec la présence de Chokri Latif à la tête de cet espace depuis de nombreuses années. Mehdi Mastouri au Club Tahar Haddad est en plein élan et devrait continuer à consolider les rendez-vous traditionnels tout en ouvrant de nouvelles fenêtres comme l'excellent Médina Jazz qui a brassé un grand public lors de sa première édition. Pour Ibn Khaldoun, la configuration est différente puisque cet espace vient tout juste de revenir au devant de la scène après une absence de plusieurs années dédiées à la restauration de cet édifice quasiment centenaire.

 

La nécessité d'une refondation s'impose de plus en plus

 

 

Chacune de ces maisons de la culture peaufine actuellement ses programmes et misera sur la proximité et aussi les ateliers de formation artistique. A Ibn Rachiq et Ibn Khaldoun, le cinéma culturel devrait être de retour tout comme les expositions et le théâtre. Les colloques et séminaires devraient aussi être nombreux tout comme les différents clubs de création ou de réflexion. Désormais, ces espaces culturels ont aussi leurs festivals qui interviennent tout au long de la saison et réunissent poètes, conteurs ou critiques d'art. Les programmes devraient être connus très bientôt et confirmer la présence active de ces trois espaces culturels emblématiques.

Bien entendu, plusieurs autres espaces existent désormais au centre-ville de la capitale et dans sa banlieue nord. Le Quatrième Art, la Maison des Arts, la medersa Slimania et d'autres centres culturels offrent aussi des programmes de qualité et de proximité. Par ailleurs, les maisons de la culture et les bibliothèques publiques des quatre gouvernorats du grand Tunis proposent de nombreux programmes de proximité tout en tentant d'attirer les jeunes qui, il est vrai, restent peu motivés par les programmes proposés.

Une nouvelle saison culturelle pointe à l'horizon et entre espaces privés et grandes manifestations comme les JCC ou les JTC, il est de plus en plus difficile de briller pour les maisons de la culture historiques plus que jamais appelées à une refondation.

 

Hatem BOURIAL