La crise du pays est d’essence politique - Le Temps Tunisie
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Tout le monde l’a enfin admis

La crise du pays est d’essence politique

Vendredi 31 Août 2018
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Les déclarations et prises de positions concernant la situation politique se sont multipliées, ces derniers jours, reconnaissant explicitement ou tacitement que la crise du pays focalisée en ce moment sur le maintien ou le remplacement du gouvernement de Youssef Chahed, est d’essence politique et exige des solutions politiques.

Maitre du jeu grâce à la majorité des sièges détenus à l’Assemblée des représentants du peuple et à l’esprit de solidarité sans failles qui le caractérise, le mouvement Ennahdha a appelé, mercredi 29 août, à une cohésion consensuelle autour «d’un gouvernement politique, stable et neutre», formule  qui tout en admettant la nature politique de la crise, selon certains commentateurs, comporte aussi une ambigüité de taille, car, disent-ils, on ne voit pas comment on peut rester neutre en politique dans la mesure où la politique implique des choix, des options et des orientations inspirés d’un système ou d’une idéologie politique bien déterminés.

Autre écueil important, d’après ces analystes. Il y a des résurgences des clivages idéologiques de nature à limiter les rapprochements et à empêcher un large consens.

Les prises de position

sont tranchées.

L’homme politique connu, Néjib Ahmed Chebbi, a qualifié, récemment, le mouvement Ennahdha de «secte», disant que «le mouvement Ennahdha est une secte et non pas un parti politique».

Commentant, à son tour, l’écho positif suscité à l’étranger et à l’intérieur par «l’engagement démocratique» du mouvement Ennahdha, du moins dans les discours, sous la conduite de son président Rached Ghannouchi, le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, a observé qu’Adolphe Hitler avait aussi suscité un tel écho.

Les observateurs ont, en effet, enregistré, récemment, la parution d’articles spécialement élogieux pour Ennahdha dans la presse étrangère, entre autres la presse américaine, justement pour son attachement à l’option démocratique en tant qu’exemple de l’Islam ou de l’islamisme démocratique, d’après leurs auteurs. Ces mêmes auteurs sont allés jusqu’à voir dans ces mouvements islamistes à visage démocratique des remparts contre le retour du despotisme, comme c’est le cas en Egypte d’après eux.

Cependant, pour beaucoup, les germes de l’instabilité avaient été jetés depuis le limogeage inexpliqué de l’ancien chef du gouvernement, Habib Essid, à peine un an après sa nomination, abstraction faite de la compétence de son gouvernement.

Son remplacement avait rappelé la fin du règne de l’ancien président Habib Bourguiba, marqué par ces changements brusques et inexpliqués des hauts responsables et qui s’est conclu par sa destitution forcée.

Comme quoi, les dérives peuvent provenir autant d’un régime présidentiel faible que du régime parlementaire, tel celui en vigueur, actuellement, et qui est à l’origine de la crise politique que vit le pays, selon la grande majorité des citoyens et des acteurs politiques et sociaux.

Salah  BEN  HAMADI