Rencontres pour artistes novateurs - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

Suivez-nous

Sep.
23
2018

"Tunis Scène Libre", un festival alternatif

Rencontres pour artistes novateurs

Mercredi 29 Août 2018
نسخة للطباعة

La deuxième édition du festival "Tunis Scène Libre" aura lieu du 12 au 20 octobre. Quatre compétitions attendent les jeunes artistes dans les domaines du slam, de la musique, du cinéma et du théâtre. Un concept qui fait bouger les lignes!
 

La première édition de "Tunis Scène Libre" avait surpris et finalement conquis un public des plus motivés. Le concept ouvert et le caractère iconoclaste des participants avaient assuré à cette première session un élan remarquable et suscité des attentes dans les rangs du public.

Un faisceau de soutiens et une méthode claire
La jeune équipe du festival allait-elle confirmer le succès de cette première? Cette nouvelle manifestation allait-elle tenir toutes ses promesses et s'inscrire dans le sillage novateur des festivals de la nouvelle génération? Quels seront les caractéristiques de la seconde édition? Autant de questions légitimes qui, par ailleurs, concernent bon nombre de nouvelles manifestations à l'image de "Chouftouhona", "Interférences" ou encore "Hors-Lits", autant d'initiatives qui font bouger les lignes et sont portées par de jeunes acteurs culturels.
De fait, "Tunis Scène Libre" réunit plusieurs synergies et puise sa dynamique dans la qualité et la diversité de ses animateurs. Créé dans un esprit alternatif, le festival est une initiative de l'Association culturelle de création et réflexion optimiste (ACCRO) et du café culturel Liber'Thé. Soutenus et relayés par l'Union européenne, le British Council et le ministère des Affaires culturelles, les deux partenaires bénéficient de même de l'inscription au programme "Tfanen". Ce faisceau de soutiens donne d'abord sa crédibilité à ce projet tout en le faisant bénéficier d'une assise solide. Ensuite, ces soutiens multiples renseignent sur le sérieux de l'entreprise qui se développe selon une méthode claire et en dehors de l'esprit d'improvisation. Enfin, ces appuis permettent à ce nouveau-né de se développer harmonieusement, en dehors des soucis logistiques et financiers. De la sorte, le festival peut se consacrer à son projet artistique et les énergies se mobiliser sur les objectifs culturels de la manifestation.

Quatre compétitions officielles pour révéler de nouveaux talents
La deuxième édition du festival aura ainsi lieu du 12 au 20 octobre et comprendra quatre compétitions qui devraient permettre de dénicher bien des talents. Les organisateurs du festival viennent de lancer à cet effet un appel à candidatures pour participer à cette compétition officielle. En premier lieu, ce sont les slammeurs qui sont sollicités pour une performance solo. De même, les musiciens sont invités à proposer un programme en live. La compétition cinéma sera articulée sur le court-métrage et devrait réunir de nombreux réalisateurs dans ce domaine. Enfin, la quatrième compétition est ouverte aux candidats capables d'une performance théâtrale en solo. Avec ces quatre compétitions qui sont un gage de diversité, "Tunis Scène Libre" souligne et consolide sa vocation d'observatoire de la création alternative et de repère pour les jeunes artistes. En effet, le festival agit aussi comme un forum qui permet les rencontres et la maturation de projets. Toutes ces ouvertures sur les arts offrent ainsi une plateforme à des artistes qui ne se connaissent pas et une pépinière de talents aux grandes institutions.
En passe de devenir un passage obligé, "Tunis Scène Libre" attire surtout les artistes qui font leurs premiers pas mais parvient à capter les jeunes en formation dans les écoles d'acteurs ou les centres culturels. De fait, c'est d'un banc d'essai qu'il s'agit et c'est tant mieux car ce type d'espace culturel ne court pas les rues. Il faudrait en ce sens multiplier les initiatives de ce type et surtout les diffuser en région là où les besoins sont les plus grands et les réseaux de diffusion plus faibles. Aux organisateurs de sortir de la capitale et proposer d'ouvrir des scènes tout aussi libres et novatrices à Regueb, Fouchana ou Ghardimaou. Car pareille initiative ne peut se développer que dans un essaimage national et trouver son rythme de croisière en sortant de la capitale. Evidemment, les organisateurs de ce festival y pensent et attendent de consolider les résultats de l'expérience pour l'ouvrir et l'amplifier.
Pour l'heure, c'est aux candidats de se faire connaître et de leurs rêves et ambitions se tisseront les textures de la deuxième édition du festival "Tunis Scène Libre". Plus largement, une nouvelle génération de festivals est en train d'éclore et apporte beaucoup de sang neuf dans le domaine culturel.

Hatem BOURIAL