Le dinar agonise face au silence indifférent du gouvernement - Le Temps Tunisie
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Economie

Le dinar agonise face au silence indifférent du gouvernement

Mercredi 29 Août 2018
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Finie les vacances, aujourd’hui tous les yeux sont aux aguets de la rentrée et ses corollaires de dépenses mais aussi de la loi de finances et son évantail de mesures.  Plusieurs sont les menaces qui pèsent sur les décideurs tout comme les différents acteurs économiques dont essentiellement la dépréciation du dinar. La monnaie nationale poursuit en effet sa plongée face à un silence indifférent  du gouvernement. Aujourd’hui, l’euro s’échange à  3.21 dinars contre 1.72 dinars, dix ans en arrière. Une culbute qui fait mal. Pis encore la dégringolade risque de se poursuivre en l’absence de garde-fous et surtout d’une volonté ferme à inverser la tendance.
Malgré la reprise des exportations, du tourisme et une bonne performance de la saison agricole, la monnaie locale ne retouve pas sa vivacité et son entrain d’antan.  Pour le FMI, le dinar tunisien est toujours surévalué et soutient plutôt davantage de souplesse au niveau du taux de change.  D’ailleurs les responsables du FMI, estiment que cette dépréciation « déguisée » du dinar est derrière la reprise du rythme des exportations.
Paradoxalement, le déficit commercial ne fait que se creuser, le déficit courant ne cesse de s’élargir, l’inflation s’est maintenue à 7,5% à fin juillet 2018  et les avoirs nets en devises ne couvrent que 71 jours d’importations. Par ailleurs, un dinar plus faible ne pourra que renchérir le coût de la dette, évalué actuellement à 70% du PIB et augmenter les coûts de facteurs de production donc les prix de vente.
Depuis avril 2018 l’euro a dépassé la barre fatidique de  3 dinars lors des échanges interbancaires. Aujourd’hui, la situation ne fait qu’empirer et la  BCT semble  laisser délibéremment  glisser le dinar et fait de  la maîtrise de l’inflation son objectif principal. Pour l’institution d’émission  le rétablissement du dinar dépend de la conjonction de tous les efforts.  Les trois facteurs de la croissance : travail, production et investissement sont entre autres les principaux relais permettant de donner du tonus à la monnaie locale.

Yosr GUERFEL AKKARI