Y. Chahed lâché par les Islamistes… Les murailles de la Kasbah ébranlés… tiendront-ils !? - Le Temps Tunisie
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Y. Chahed lâché par les Islamistes… Les murailles de la Kasbah ébranlés… tiendront-ils !?

Mercredi 29 Août 2018
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La Tunisie n’est plus à un miracle près! Avec un gouvernement possesseur, selon la constitution, du pouvoir exécutif le plus étendu et qui «ne gère que les affaires courantes», depuis bientôt un semestre, au vu de cette guerre qui ne dit pas son nom avec Carthage. Avec un président dépossédé de l’ensemble des prérogatives qui étaient les siennes du temps du bon vieux présidentialisme codifié par la constitution du 1er juin 1959, et qui arrive quand même à décider de choses essentielles comme le « consensus » avec les Islamistes d’Ennahdha pouvant changer totalement le modèle sociétal tunisien à partir de 2019.
 

Enfin une économie qui roule pratiquement toute seule, 50% dans l’informel hérite de la Troïka et de la gestion du laisser aller des islamistes, et 50% avec une présence prétorienne de l’administration et des autorités de la contrainte du « plus d’Etat » avec des blocages un peu partout, de Radès à Ras Jédir!
Malgré cela les chiffres grimpent miraculeusement et Tunis arrive encore à attirer les IDE, les investisseurs étrangers et les Touristes en bons nombres.
Nous sommes déjà à 2,8% de croissance et une augmentation de plus de 30% d’investissements dans les secteurs tertiaires et des services, de l’industrie et même une reprise d’investissement dans le Tourisme qui reprend des couleurs. Tout cela a dû générer de l’emploi à plus de 30000 unités, ce qui n’est pas négligeable par les temps de morosité mondiale, qui court.
Par conséquent, si ça continue et si le gouvernement Y. Chahed arrive à tenir d’ici fin décembre, on peut espérer dépasser la barre des 3% et même plus de croissance sur l’ensemble de 2018.
Tout ceci est-il suffisant pour sauver le «Soldat» premier ministre Youssef Chahed, comme dans le film américain ?
Les derniers bruits de la politique et des coulisses le donnent partant à l’horizon fin 2018, pour plusieurs raisons.
Primo / Le Chef du gouvernement est de plus en plus lâché par Ennahdha qui ne veut pas griller toutes ses cartes avec BCE qui lui a permis un saut inimaginable dans le contrôle politique et identitaire du pays sur le plateau du «Tawafouk»… Un véritable cadeau du ciel! M. Rached Ghannouchi, bien conseillé par M. Lotfi Zitoune, (pour moi le plus intelligent des membres de la Choura) mesure à quel point, le consensus lui a été favorable et la percée monumentale aux municipales le prouve. Qui aurait pu imaginer une «Islamiste», Maire, de la capitale «El Hadhira», après la défaite de son parti Ennahdha aux élections de 2014 ?! Je ne veux, même pas, parler des autres «Maires-barbouzes» de la banlieue Nord et même du Sahel, le pays de Bourguiba, car au moins Mme Souad Abderrahim a un profil crédible comparativement à la meute des momies «salafistes» qui ont pris le contrôle des Mairies de la Tunisie profonde et qui commencent à transgresser les lois de la République très «civile» (n’est ce pas M. Harouni, président de la choura) !!
Secundo / Malgré la nouvelle coalition «patriotique» avec quelque 34 députés, la majorité demeure aux mains de Nida Tounès,  El Machrou et Ennahdha, au Parlement, ce qui fait du 1er fauteuil de la Kasbah un véritable siège éjectable si les deux «cheikhs» le décident prochainement.
Tertio/ L’économie ne peut pas sauver Y. Chahed, à elle seule, vu que le temps presse et la plus-value ne sera palpable et consommable qu’en 2019/2020.
Entretemps, la paupérisation des classes moyennes augmente à vue d’œil. Un petit tour au marché de la cité El Khadhra, quartier semi-populaire de Tunis, ce dimanche, m’a permis de la constater amèrement.
On ne voit plus que de la «Fripe» et ses étalages qui occupent les ¾ du marché. Les légumes et les fruits sont hors de portée des bourses jadis moyennes.
En bref, les classes moyennes vont de plus en plus mal, après Ramadhan, l’Aïd El Kébir et maintenant la rentrée scolaire.
La seule alternative c’est que Youssef Chahed y va dans la chirurgie ! Mais peut-il le faire, alors qu’il comptait sur Ennahdha qui n’a jamais pensé qu’à ses intérêts et ceux de ses adhérents.
Reste le ballon d’essai de vouloir lancer son propre mouvement à la Macron de France. Possible coup de poker gagnant! Mais pour cela, le Chef du gouvernement doit se débarrasser de bien des tutelles, les Islamistes en tête, s’il veut récupérer le million des femmes «Haraier Tounès» déçues par Nidaa, et le peuple de la modernisation déçu par la tournure des événements après 2014 et le «hold-up» des islamistes sur les municipales !
Des défis sérieux… Y. Chahed en a-t-il la «carcasse» pour engager la sa mère des batailles?!
Wait and See !

Khaled GUEZMIR