Avec Néji Bghouri… - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 18 Septembre 2018

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2018

Chronique

Avec Néji Bghouri…

Mercredi 29 Août 2018
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A coup sûr et sans hésitation. Et contre le conseil de la Choura. A coup sûr et sans hésitation. Contre Ennahdha ? Assurément, et sans hésitation aussi.
Il faut être conséquent avec soi même. Et assumer sa posture jusqu’au bout. Ennahdha n’assume pas sa posture : elle se positionne à la manière d’un caméléon lorsqu’il se sent traqué et à portée de fusil. Elle affiche alors un autre profil. Bas s’il le faut. Et même avec des gants de velours. Pour caresser dans le sens du poil.
Mais, aussi structurée qu’elle puisse être, aussi sûre de ses moyens, comme de ses contingents, il arrive un moment où elle se retrouve acculée à baisser sa garde. Trop confiante en son devenir pour tout contrôler, au quart du poil. C’est alors qu’elle se trahit. En faisant tomber le masque. Car son conseil de la Choura n’est pas né d’un col de fémur. Et combien même ce serait le cas, son prolongement constitue un tout, uni, et indivisible, qui finit par se ressouder autour d’une même chair, bien enclavée autour d’une même ossature. En resserrant les rangs.
Droit dans ses bottes ? Ce n’est pas, à proprement parler, la marque-maison. Pourquoi jouer les transparences lorsqu’il s’avère plus commode, de louvoyer, en cultivant toujours le flou ? C’est autrement plus productif que d’avancer ses dés, frontalement, et entre quatre yeux, risquant ainsi, à jouer à la loyale, à perdre une partie, tronquée d’avance, et aux enjeux obscurs, qui n’aura pas pour peu, contribué à entraîner le pays à sa perte tout en faisant mine, à chaque nouveau glissement de terrain, de rameuter les pompiers. Après avoir allumé le feu, est-il besoin de le préciser ?
Néji Bghouri s’est fourvoyé, en comparant le conseil de la Choura à Daech, et à sa haine de la République, et des libertés fondamentales ? Dans l’esprit comme dans la lettre, le cousinage est tellement étroit qu’ils risquent de nous faire des enfants. A moins que ça ne soit déjà fait. Et c’est le cas.
Pas sûr que le fruit de leurs entrailles, et de leurs noces de sang, difforme et grotesque, puisse représenter la Tunisie qui les éructe avec écœurement. En se demandant comment elle a fait, pour engendrer une aussi laide progéniture, qui, sitôt debout sur ses pattes difformes, n’a pas trouvé mieux que de fomenter un complot faramineux en procédant à une vaste entreprise de démolition, contre la mère-patrie dont elle se soucie comme d’une guigne, vu qu’elle aurait plutôt pour ambition, d’en effacer jusqu’à l’Histoire pour la réécrire à nouveau. A sa convenance. 
Il n’est pas sûr que ce soit ce que la Tunisie attend en retour. En clair, Ennahdha a tout aussi bien la chance de devenir un parti civil, en séparant le religieux du politique, qu’une semaine d’aligner ses quatre jeudis sur la paume d’une seule main en s’extasiant d’admiration.
Pour le reste, qu’elle s’en prenne à Néji Bghouri par le biais de ses porte-voix en l’accusant d’apostasie pour mieux asseoir sa sentence, c’est bien dans ses sombres pratiques. Un appel au meurtre en habits de dimanche. Pour ne pas changer…

Samia HARRAR