II - Korbous: La politesse n’y coule pas de… source! - Le Temps Tunisie
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II - Korbous: La politesse n’y coule pas de… source!

Mercredi 29 Août 2018
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On dit qu’il n’y a qu’une seule rue à Korbous, ce qui n’est pas tout à fait vrai, parce que primo la rue «principale» n’est pas une rue, mais la route longeant la corniche, et, que, deuxio, il y a d’autres petites rues. Certes, elles ne sont pas nombreuses, mais elles existent, comme, notamment la rue qui passe devant l’école primaire et au bout de laquelle il n’est pas rare d’apercevoir des sangliers venus fouiller dans les détritus. Il n’est pas rare, également, de voir, dans la rue passant, devant les locations des poulpes mis à sécher comme du linge mouillé.
L’espoir d’une route
Dans la rue «principale» se trouvent les commerces, si l’on peut appeler ça ainsi. En effet, il n’y a qu’une seule vraie épicerie, le reste est composé des vendeurs de boissons fraîches et autres gâteries que l’on peut trouver chez n’importe quel vendeur de fruits secs. Il y a même un vendeur de poterie. Un restaurant. Deux cafés y sont installés. Le troisième se trouve un peu plus haut en dépassant La Poste.
Pas de marché ! Certains vendeurs ambulants installent leurs marchandises de second voire troisième choix dans des cageots posés à même le sol. Et si leurs produits ne vous plaisent pas, vous n’avez qu’à aller voir ailleurs. Mais, le problème est qu’il n’y a pas d’ailleurs ou plutôt si mais loin! Les habitants sont obligés d’aller faire leurs courses soit à Soliman,  ou à Menzel Bouzelfa, soit à Nabeul. Et il vaut mieux être motorisé, car pour celui qui ne l’est pas, cela devient un véritable parcours du combattant, entre un minibus dont il ne faut pas rater l’un des quatre horaires de la journée et des taxis collectifs qui ne veulent pas y monter en dehors de la période estivale à cause de la route, alors les autres saisons attirent plus de monde.
C’est un véritable calvaire pour y accéder, car de Soliman il faut faire un détour pour arriver à Korbous étant donné que la route la plus courte n’est plus accessible depuis des décennies et que les travaux de réaménagement sont attendus depuis une vingtaine d’années !
Se prendre un vent !
Du coup, la station de Korbous se retrouve comme isolée. Est-ce pour cela que la politesse de ses habitants n’y coule pas de source ? En tout cas, c’est ce que nous avons pu constater pendant le petit séjour que nous y avons fait. Les habitants semblent vivre en communauté recluse qui accepte les «étrangers» uniquement parce que cela leur permet une rentrée d’argent. Ils sont hautains. C’est à peine s’ils daignent vous répondre quand vous les saluez ou quand vous leur parlez, car vous êtes considérés comme un intrus. A croire qu’eux sont sortis de la cuisse de Jupiter ! Faut-il leur rappeler l’histoire de Korbous et qu’eux viennent aussi d’ailleurs ?
Même     au centre de thermalisme, où, soit dit en passant, les prix des soins sont abordables, les employées (nous étions du côté femme) qui sont de Korbous n’en ont que faire des patientes, préférant papoter entre elles et regarder par la fenêtre, laissant les clientes se prendre un vent (dans tous les sens du terme), en attendant que leur collègue, venant de Tunis, s’occupe d’elles.
Camping sauvage
L’autre coup dur pour Korbous est l’incivisme des «curistes». N’ayant pas, pour certains, les moyens de s’offrir une location (entre 40 et 50 dinars, voire plus, la nuit) ou un hébergement à l’hôtel (de 52 dinars la nuitée en single en pension complète à 70 dinars la nuit en single avec petit-déjeuner uniquement), ils instaurent un camping sauvage sur les différentes plages de galets. Et qui dit camping sauvage dit détérioration de l’environnement : la nature servant de toilettes à ciel ouvert et de poubelle pour détritus en tout genre.
D’autre part, nombre de «curistes» se croient en terre promise et réagissent comme si l’eau, le ciel et la terre appartenaient à eux seuls.
Il est vraiment dommage que l’impolitesse et l’incivisme se soient associés pour enlaidir une carte postale qui donne envie de respirer l’air pur et de s’emplir les yeux d’images de toute beauté.

Zouhour HARBAOUI