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Migrants: «Les menaces ne mènent nulle part», réplique l'UE à l'Italie

Dimanche 26 Août 2018
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Migrants: «Les menaces ne mènent nulle part», réplique l'UE à l'Italie

 Le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio a confirmé son intention de réduire la contribution de l'Italie au budget de l'Union européenne, faute d'accord à Bruxelles sur le sort de migrants bloqués sur un navire italien, le « Diciotti ». Une déclaration qui ne devrait pas permettre d'apaiser les relations de plus en plus tendues entre Bruxelles et Rome.

Il y a d'abord la question migratoire. L'Aquarius, le Lifeline et maintenant le Diciotti. Autant de navires transportant des migrants refusés par les ports en Italie. A chaque fois, les autorités italiennes ont voulu forcer leurs partenaires européens à prendre leurs responsabilités, à accueillir des personnes qui ont tenté la traversée de la Méditerranée. Il y a eu les menaces, les ultimatums.

 

 

La dernière en date est venue de Luigi Di Maio, vice-président du Conseil et chef de file du Mouvement des 5 étoiles, qui a réitéré sa demande de suspendre la contribution de l’Italie, soit 20 milliards d’euros, au budget de l’Union européenne. Une menace qu'appuie Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et leader de la Ligue du Nord.

Un ton peu courant entre Européens à tel point que la Commission est sortie vendredi de son silence habituel : « Les menaces ne mènent nul part », a insisté un porte-parole. Et le ton risque de monter encore d'un cran.

En octobre, Rome devra soumettre son projet de budget à la Commission européenne pour approbation. Et il parait quasi impossible de financer les promesses de campagne en Italie - la création d'un revenu citoyen, la mise à plat des retraites - sans faire exploser les comptes publics, sans sortir des règles imposées par l'Europe, par le pacte budgétaire. Un nouveau bras de fer se profile donc.

 

« Des animaux auraient été mieux traités »

En Italie, la presse s'inquiète de l'entêtement gouvernemental qui, comme le dit La Repubblica, « isole l’Italie et traîne le pays dans la boue du ridicule en nourrissant les tensions avec l’Europe ».

El Corriere della Sera consacre d’ailleurs un commentaire intitulé « Nous et Bruxelles, aux populistes sans complexe », tandis que La Stampa se penche sur la situation des 150 migrants à bord du patrouilleur italien amarré au port de Catane depuis le 20 août : « Des animaux auraient été mieux traités que ces femmes et ces hommes entassés sur le pont duDiciotti. »

Sur ce point, Il Fatto Quotidiano confirme que le procureur du parquet d’Agrigente en Sicile, qui a ouvert une enquête pour détention arbitraire et séquestration de personnes, interrogera ce samedi à Rome des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur pour identifier tous les responsables dans la chaîne de commandement qui a conduit au blocage du Diccioti.

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