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Colloque scientifique: Identité nationale et habit traditionnel

Dimanche 26 Août 2018
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Colloque scientifique: Identité nationale et habit traditionnel

Peut-on parler de nos jours d’un rôle quelconque de l’habit traditionnel dans  l’enracinement de l’identité nationale en Tunisie où, pire que l’abandon pur et simple, il est remplacé par une mosaïque de tenues d’origines diverses mais chargées de significations civilisationnelles, en allant du jean, symbole de la culture occidentale dominante, au voile islamique marquant le retour en force des idéologies islamistes. Il en va d’ailleurs de même dans la plupart des autres pays arabes.

Lors d’un point de presse tenu, hier, à Tunis, l’Association tunisienne de la culture populaire a annoncé avoir choisi ce thème pour la deuxième session du Colloque arabe sur le patrimoine populaire qu’elle organise, durant trois jours, du 30 août au 1er septembre, à Gafsa, avec la participation d’une pléiade de chercheurs, d’écrivains et de communicateurs de Tunisie et de plusieurs autres pays du Maghreb et du Machrek arabes, Mauritanie, Maroc, Algérie, Libye, Bahreïn, Arabie saoudite, Jordanie, Palestine, Liban.

Au nombre des hôtes de marque attendus figure, notamment, le président de l’Organisation mondiale de la culture populaire, Dr Ali Abdallah Khalifa Yacoubi, du royaume de Bahreïn.

A cet égard, le président de l’Association tunisienne de la culture populaire, Ahmed Sébai, a reconnu que l’habit traditionnel constitue effectivement une carde d’identité et le logos national des pays et des sociétés, ajoutant que son organisation œuvre justement, à travers ce Colloque, à faire connaitre son importance et sa signification civilisationnelle.

Aussi, outre les communications à caractère scientifique et académique, le programme de la manifestation comporte des ateliers axés sur la fabrication de l’habit traditionnel, parallèlement à des expositions de tenues traditionnelles de Tunisie et des pays arabes présents.

Un espace est également réservé aux  accessoires des habits traditionnels, comme les objets d’ornementation tels les bijoux traditionnels, ou encore les parfums traditionnels et les procédés et soins d’esthétique et de beauté traditionnelles, à l’instar des tatouages au moyen du harkous.

Or, le cas du tatouage au moyen du harkous qui fait fureur aujourd’hui, un peu partout dans le monde développé et chez nous, en tant que procédé d’ornementation et de beauté féminine et masculine, est instructif, à ce sujet. Il s’agit d’une pratique autrefois très répandue en Tunisie et autres pays arabes et qui avait été abandonnée, au nom de la modernité, au point que le tatouage était devenu, un jour, le signe de l’arriération et du sous développement. Mais, il est redevenu grâce aux Occidentaux et à la culture occidentale dominante, un procédé d’esthétique à la mode, sous les autres cieux ainsi qu’en Tunisie, comme qui dirait, par une sorte de réexportation de notre propre marchandise.

 

Salah  BEN  HAMADI