La lutte contre la corruption s’essouffle ? - Le Temps Tunisie
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2018

Affaire de complot contre la sûreté de l’Etat

La lutte contre la corruption s’essouffle ?

Samedi 25 Août 2018
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Le Temps – TAP – Les anciens, de n’importe quel pays qu’ils sont, nous ont laissé des proverbes et des maximes issus de leur expérience et de leur savoir-faire. L’une des maximes françaises dit : «Qui se sent morveux se mouche». Elle est, pratiquement, la même que le proverbe arabe « El Mejrab tehmezou mrafkou » (Le morveux a les coudes qui le poussent à gratter ses côtes).

 

Tentatives pour influencer la justice, surtout avec les détournements de la loi qui saavent faire certains avocats, les dernières décisions de la Cour de cassation relatives à l’affaire de complot contre la sécurité de l’Etat ont été expliquées d’une manière permettant de semer le doute dans les esprits des citoyens.

A cela s’ajoutent les dernières menaces de Chafik Jarrayaqui semblent avoir donné leurs fruits, surtout que le pays ne manque pas de corrompus dans ses instances dirigeantes. Là d’être en prison, alors que d’autres, ses subalternes et ses mercenaires bénéficient de la liberté et dépensent les sous qu’il leur a donné en dessous-de-table, il s’est insurgé et la justice civile semble avoir suivi le rythme, en cherchant à extirper le dossier qui est entre les mains des tribunaux militaires.

Me Saber Bouatay, président du collectif de défense de l’ancien ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli, a indiqué que la Cour de cassation de Tunis a rejeté, jeudi, les décisions émises par la chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis relative à l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’Etat.

La chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis avait décidé de transférer les accusés dans cette affaire, à savoir Chafik Jarraya, Najem Gharsalli, Imed Achour et SabeurLaajili devant les chambres criminelle et pénale du Tribunal militaire permanent de Tunis.

Dans une déclaration, jeudi, à l’agence TAP, il a ajouté que la Cour de cassation a décidé de renvoyer le dossier de l’affaire devant la chambre d’accusation militaire près la Cour d’appel de Tunis pour réexaminer le dossier.

Il a, en outre, relevé que la Cour de cassation a également rejeté la décision de la chambre d’accusation relative au refus de la demande de remise en liberté du cadre sécuritaire Imed Achour.

La Cour de cassation a examiné, jeudi, la décision de la chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis relative à la comparution de Chafik Jarraya et Najem Gharsalli devant la chambre criminelle militaire et à la comparution de Imed Achour et SaberLaajili devant la chambre correctionnelle militaire, à la suite d’un pourvoi en cassation formé par le collectif de défense des quatre accusés dans cette affaire.

Rappelons que l’homme d’affaire Chafik Jarraya a été arrêté, le 24 mai 2017, au cours d’une campagne menée par le gouvernement contre des personnes suspectées de corruption, de contrebande et d’implication dans des réseaux de l’économie parallèle.

Des décisions d'assignation à résidence ont été prises à leur encontre sur la base "d'informations prouvant leur implication dans des infractions susceptibles de menacer dangereusement la sécurité et l'ordre public", selon le ministère de l’Intérieur.

Par ailleurs, le Parquet militaire a diligenté, fin mai 2017, une enquête contre Chafik Jarraya et délivré un mandat de dépôt à son encontre. Il est accusé d’"atteinte à la sûreté de l’Etat", "trahison" et "intelligence avec une puissance étrangère en temps de paix". Selon le Parquet militaire l’enquête a été ouverte à la suite de plaintes parvenues au Parquet militaire accusant Chafik Jarraya d’avoir commis "des actes de nature à porter atteinte à la sûreté de l’Etat". Il est, aussi, accusé de malversation.

Dans le cadre de la même affaire, un mandat d’amener a été émis à l’encontre de l’ancien ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli. Il avait d’abord entendu en tant que témoin en sa qualité d'ancien ministre de l'Intérieur dans cette affaire dans laquelle sont aussi accusés des cadres sécuritaires dont Saber Laajili (ancien directeur général de l’unité nationale d’investigation dans les crimes de terrorisme d’El Gorjani) et Imed Achour (ancien directeur général des services spécialisés du ministère de l’Intérieur).

F.S.