La soprano libanaise Majda El Roumi dans une interview exclusive au Temps: «Je m’incline respectueusement devant la femme tunisienne» - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 18 Novembre 2018

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2018

Mejda Erroumi

La soprano libanaise Majda El Roumi dans une interview exclusive au Temps: «Je m’incline respectueusement devant la femme tunisienne»

Dimanche 19 Août 2018
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La soprano libanaise Majda El Roumi dans une interview exclusive au Temps: «Je m’incline respectueusement devant la femme tunisienne»

Propos recueillis par Salma BOURAOUI -

 

Devant plus de dix mille spectateurs, la soprano libanaise Majida El Roumi, a chanté pour un public euphorique la soirée du 15 août 2018. Majida El Roumi et la Tunisie, une grande histoire d’amour qui ne se raconte plus. Majida a chanté pour Carthage pour le meilleur et pour le pire ; elle était là pour les plus beaux moments de notre pays et elle était encore là lorsque la Tunisie passait par ses pires crises. Majida El Roumi nous a confié que, pour elle, la Tunisie a une place spéciale dans son cœur puisque c’est en Tunisie qu’elle a fait ses premiers pas et qu’elle est montée sur scène, en tant que chanteuse professionnelle, à à peine 24 ans. L’amour, la Patrie, le militantisme et les valeurs universelles, Majida El Roumi s’est confiée au Temps, à cœur ouvert…

-Le Temps: Un nouveau concert réussi en Tunisie devant un public qui chantait, par cœur, toutes vos chansons qu’elles soient nouvelles ou anciennes. Vous vous incliné devant votre public et devant notre public. Quel est donc ce lien sacré qui vous lie à la Tunisie et aux Tunisiens ?

Majida El Roumi: Le public tunisien est un public exceptionnel qui porte l’artiste dans son cœur. Ce public me comble d’amour et de respect ; je l’aime et il m’aime et c’est avec lui que j’ai entamé ma carrière artistique. En 1980, j’ai entamé cette carrière en Tunisie en montant, pour la première fois de ma vie, sur scène en tant que professionnelle. Pendant toutes les années qui ont suivi cette date, j’ai toujours veillé à revenir en Tunisie régulièrement ; du Liban en Tunisie, je ne faisais qu’aller et revenir de ma Patrie à ma Patrie. C’est mon histoire et mon destin avec la Tunisie.

-Vous chantez l’amour, vous chantez l’indépendance des peuples, vous chantez la résistance… Si vous deviez choisir votre thème préféré, que serait-il ?

Mes chants dépendent de la circonstance que nous vivons, toutefois, je dirais qu’il est important de rappeler que l’espoir existe et existera toujours et qu’un lendemain meilleur est toujours là présent quelque part.

J’ai moi-même vécu des moments difficiles lors de la guerre du Liban ; les moments passés au refuge m’ont marquée à jamais mais ; nous nous cachions de la peur terrible que l’on subissait et, dans ces moments épouvantables, un simple toucher de main peut vous apaiser et apaiser vos lourdes angoisses… Croyez-moi, l’amour nous accompagne tout au long de notre vie et il n’annule ni la liberté la résistance. Amour, indépendance, liberté et résistance sont intimement liés. 

-Quel est votre message pour la femme tunisienne qui est en plein lutte pour son droit à l’égalité ?

Je suis fière de la femme tunisienne qui est à la hauteur de sa réputation. La femme tunisienne est une femme travailleuse, une femme cultivée, une décideuse et une leader. La femme tunisienne est capable d’apporter le plus peu importe où elle se trouve. Je m’incline respectueusement devant la femme tunisienne, une femme digne de confiance. 

-Vous montez bientôt sur scène en Arabie Saoudite là où les femmes réussissent, malgré tout, à décrocher de nouveaux acquis. Qu’en dites-vous ?

Ce qui se passe actuellement en Arabie Saoudite ne présage que du bon ; de très belles années attendent ce pays où la liberté prônera à jamais.

 

S.B. 

 

 

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