La Tunisie en perte sèche de compétitivité dans le monde arabe - Le Temps Tunisie
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2018

Economie

La Tunisie en perte sèche de compétitivité dans le monde arabe

Samedi 18 Août 2018
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• La bureaucratie, la corruption et l’instabilité politique pénalisent la Tunisie

Depuis la révolution l’économie tunisienne accuse une dégradation  accablante de son pourvoir concurrentiel. En dépit d’une quasi stabilité du climat politique et sécuritaire, le rapport du forum économique mondial et du groupe de la Banque Mondiale publié récemment épingle la perte sèche de compétitivité de l’économie tunisienne au sein du monde arabe. En effet, le rapport en question  classe la Tunisie au 10ème rang. Pour les auteurs du rapport : « il n’y a pas eu de progrès en Tunisie en matière du climat des affaires et ce depuis la fin de la crise politique en 2014 ».

La fragilité des indicateurs macroéconomiques
Trois facteurs essentiels pénalisent la Tunisie à savoir : la bureaucratie, la corruption et l’instabilité politique. Au total 12 piliers servent de critères pour  calculer l’indice global de compétitivité. La faiblesse de l’environnement macroéconomique figure parmi les facteurs  de blocage de la capacité de faire des affaires en Tunisie. Au niveau mondial l’économie tunisienne se rend à la 109ème place sur 137 pays et ce en raison de la fragilité des  indicateurs macroéconomiques dont principalement l’élargissement des déficits jumeaux, la chute  des réserves en devises et la hausse du taux d’endettement.
L’inefficacité du marché de travail sanctionne également l’économie tunisienne qui se trouve en bas du classement mondial, soit à la 135ème place sur 137 pays.  « La restructuration du marché du travail est l’un des premiers défis à relever par l’économie tunisienne », note le rapport.  Par ailleurs les taux élevés des taxes et les barrières douanières sont autant d’entraves qui paralysent l’activité des sociétés en Tunisie.
Au niveau des améliorations, le rapport met l’accent sur les progrès enregistrés en matière de la  qualité des entreprises mais surtout en matière d’innovation et où la Tunisie se classe à la tête des pays Africains en matière d’utilisation des  technologies de l’information de la Télécommunication.
Le rapport de la compétitivité des pays arabes fait montre d’un fossé entre les pays exportateurs de pétrole ou encore des pays membres du Conseil de coopération du Golfe et les autres pays de la région. D’ailleurs, les Emirats Arabes Unies, Qatar, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn et le Koweit sont au top 5 du classement arabe. 
Les auteurs du rapport recommandent dès lors aux pays arabes à redoubler d’efforts en matière de créativité, à renforcer le rôle du secteur privé dans l’investissement outre l’encouragement des secteurs productifs  à forte valeur ajoutée.

 

Yosr GURFEL AAKARI