Abattage anarchique et pollution - Le Temps Tunisie
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2018

Sur le Vif... Aïd Al Idha

Abattage anarchique et pollution

Vendredi 17 Août 2018
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Le ministère de la Santé a appelé,   les citoyens à ne pas jeter les ordures liées à l’abattage, lors de la fête de Aïd Al Idha   de façon anarchique, ce qui donne l’occasion aux   chiens et chats errants de faire la fête, avec les gros risques de aladies qui s’ensuivent.

Les Tunisiens  sacrifient, chaque année,    près d’un million de moutons, soit un million de peaux qui devraient normalement être exploitées dans l’industrie du cuir ou dans d’autres activités artisanales écologiques, au lieu d’être une source de pollution après leur rejet dans la nature ou dans les décharges anarchiques et contrôlées.

Alors que des Tunisiens se débarrassent de ces peaux, qui sont devenues pour de nombreuses familles un “déchet encombrant” et pour d’autres, leur traitement est “une corvée”, certaines entreprises spécialisées dans le linge de maison et l’ameublement, comme Ikea, continuent de vendre ces peaux et les affichent sur leurs sites web, à partir de 39 euros la pièce.

“Dans le passé, cette peau était traitée avec doigté et patience, par les femmes au foyer qui, chaque fête de l’Aid El Kébir, récupèrent les peaux des moutons du sacrifice pour les laver, les sécher et les tanner et en fin en servir de jetés pendant l’hiver”, 

Les  temps changent! De plus en plus de familles tunisiennes aussi bien dans le milieu urbain que dans le milieu rural jettent, à chaque fête de l’Aid El Kébir, des milliers de peau de moutons dégoulinant de sang dans des décharges anarchiques, causant des pollutions de tous genres et empestant l’air de mauvaises odeurs.

En dépit des multiples usages de cette peau, les Tunisiens n’ont plus le temps ni le désir et encore moins le savoir- faire de leurs ancêtres..

Les femmes  lavaient et traitaient les peaux avec le sel juste après le sacrifice.   

Les peaux de moutons, à l’excellent pouvoir thermorégulateur, servent toujours à garder au chaud en hiver aux foyers des gens modestes, et pour certaines demeures   elles sont utilisées comme décor.

Dans certaines régions   pour préparer le trousseau de sa fille, la mère de la mariée continue, de nos jours, de demander à toutes les proches et même les voisines  de lui préserver les peaux des moutons sacrifiés pendant l’Aid, pour les utiliser dans la préparation des oreillers et d’un matelas en laine, considéré comme étant la pièce maîtresse de ce trousseau.

En effet, selon des rapports de certains pays arabes et musulmans, la peau d’un seul mouton sert à fabriquer entre deux et trois chaussures ou entre un et deux sacs, selon la taille.

En Tunisie, aucune loi n’oblige à abattre les moutons du sacrifice dans les abattoirs agréés ou dans d’autres espaces réservés à l’abattage. Ceci est à l’origine de la perte de milliers de peaux brutes, écorchées de manières non conformes aux normes et qui auraient pu être réutilisées dans l’industrie du cuir.

L’état et la qualité des peaux sont aussi les causes de perte de plusieurs marchés à l’exportation, d’après le vice-président de la Chambre syndicale des collecteurs de peaux brutes

Le responsable a précisé, dans une déclaration aux médias , que la Tunisie exportait auparavant les peaux de mouton vers l’Asie, qui était le premier client du pays en ce qui concerne le cuir semi-fini.

Aujourd’hui, les pays asiatiques n’importent plus de la Tunisie des peaux prêts à être transformées en produits finis en cuir (chaussures, sacs, ceintures….), car elles répondent de moins en moins à leurs exigences.

Malgré cela, les peaux de mouton peuvent être utilisées par les artisans tunisiens pour la fabrication de plusieurs produits et accessoires, dont les sacs en cuir, les instruments de percussion tels que la “Darbouka” le « tar » (tambourin) ou  le “Bendir”.

D’ailleurs, l’activité de collecte des peaux de moutons durant la fête de l’Aïd attirent davantage de candidats.

A cet effet, la chambre syndicale des collecteurs de peaux brutes a suggéré de former ceux qui veulent exercer le métier de collecteur pour mieux organiser la filière.

Pour cette année, et afin d’encourager la collecte la chambre syndicale a proposé de  fournir pour les collecteurs des sachets en plastique pour mettre la peau du mouton, ,après avoir été nettoyée, avec un kilo de sec fourni  à chacun pour mieux en assurer la conservation. 

 Pourvu que cela serve à faire renoncer au jet anarchique des peaux de moutons ? Inchallah !