Au Palais de justice: Le monument symbole - Le Temps Tunisie
Tunis Samedi 22 Septembre 2018

Suivez-nous

Sep.
23
2018

Du côté du prétoire

Au Palais de justice: Le monument symbole

Dimanche 12 Août 2018
نسخة للطباعة
Au Palais de justice: Le monument symbole

«On doit se pardonner entre soi, n’est-ce pas, si l’on veut pas vivre comme des sauvages».                             Emile Zola

Au Palais de justice: Le monument symbole

Dans ce monument qui représente la justice comme son nom l’indique,  et renferme tant de souvenirs, à l’aube de l’indépendance, c’était comme un défi pour les magistrats tunisiens de remplacer ceux qui étaient nommés par les autorités coloniales et ils étaient enthousiastes pour mener une bonne justice. C’était au départ, des juges qui étaient d’anciens zeitouniens, et versés, en plus des connaissances juridiques, dans l’histoire arabo-musulmane, et retenaient les anecdotes concernant le Calife Omar Ibn Al khattab  qui  fut le premier à avoir institué un système judiciaire à travers les pays musulmans .Sa fameuse lettre envoyée à Abu Musa Al Achâari gouverneur et magistrat à Koufa, dans laquelle il l’incitait à être juste et à ne subir aucune influence ni aucun ascendant d’aucune sorte, en est un exemple de son souci d’instaurer la justice et de veiller à préserver l’intégrité du juge. Quelqu’un avait  dit de lui : «Tu as été équitable dans tes jugements et c’est pour cette raison que tu peux dormir tranquillement ».

La justice  en Tunisie, a toujours été le secteur où, malgré  les quelques difficultés ou anomalies d’ordre matériel, les magistrats font de la loi, l’application de la loi la plus adéquate à faire recouvrer leurs droits aux justiciables. Bien sûr, il y a des mauvaises applications de la loi et c’est la raison pour laquelle il y a différents degrés de juridictions.

Au fil du temps, le pouvoir judiciaire a pu tenir le coup, contre vents et marées, grâce à cette volonté des juges intègres, malgré certains inconvénients à l’instar de  l’ancien Conseil supérieur de la magistrature dont les membres étaient pour la plupart choisis par le pouvoir.

La vérité dans tout cela est que le secteur de la magistrature a toujours fait l’objet de critiques et souvent d’accusations mensongères, car les juges sont pour la plupart intègres et ceux parmi eux qui étaient corrompus,  durant l’ancien régime, ont été mis à l’index, car ils s’étaient très vite révélés, et ceux qui avaient été maintenus à des fins déterminés ont été par la suite écartés, une fois qu’ils ne « servaient plus à rien». Les juges qui étaient connus par leur droiture et leur intégrité sont sortis par la grande porte, la tête haute et la réputation intacte.

Après la Révolution et au vu des multiples dérapages, il y eu des changements, et avec le nouveau Conseil supérieur de la magistrature,  les membres sont tenus désormais d’assurer la continuité et la bonne marche de la Justice, en vertu de la nouvelle Constitution, et surtout sur les pas des juges qui ont laissés leurs empreintes notamment dans ce monument où ils n’avaient qu’une préoccupation: sauvegarder la justice. 

Comme l’a affirmé  en 1940,   Wilson Churchill, ancien chef du gouvernement anglais, en pleine guerre mondiale, lorsque  tout allait mal : « la justice va bien ? Alors on a déjà gagné la guerre ».

C’est, actuellement, notre gageure pour sortir du bourbier dans lequel on se trouve.

 

AMT  et INLUCC : Des sons de cloche….en attendant la vérité

Abullâala Al Maârry,  philosophe et poète arabe, avait manifesté son scepticisme en s’exclamant: «L’un fait sonner une cloche, l’autre crie du haut d’un minaret, ma foi, qui est le plus sensé ? ». On pourrait dire pour autant en ce qui concerne les problèmes au sein du secteur de la magistrature et dont on ne finit pas d’écouter des sons de cloches différents voire, diamétralement opposés. 

En effet, il y a d’un côté, le président de l’Association des magistrats tunisiens, Anas Hamadi qui a affirmé dernièrement, dans une déclaration à une radio de la place, que «des magistrats ont été démis de leur fonction pour avoir soulevé des affaires de corruption ayant suscité  l’intérêt au sein de l’opinion publique. Il a cité, à titre d’exemple le cas du procureur près le tribunal de première instance de Sidi Bouzid qui aurait été limogé sur décision du Conseil supérieur de la magistrature, Motif : ce magistrat avait soulevé une affaire de corruption où sont impliques des médecins et des sécuritaires qui avaient monté de toutes pièces un dossier d’accidents de la circulation fictifs, en vue d’obtenir des dédommagements de la compagnie d’assurance. D’autre part,  le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), a dénoncé la nomination de juges soupçonnés de corruption à des postes de responsabilité, précisant que «leur proximité avec la prise de décisions, constitue le risque de faire usage de leurs privilèges pour manquer le crime ou influer sur des dénonciateurs ou des témoins éventuels».

Par la même occasion  il a remis sur le tapis la question du mandat d’amener à l’encontre de l’ancien magistrat Najem Gharsalli,  en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles le pouvoir exécutif n’a pas mis en exécution le mandat d’amener lancé à l’encontre de  cet ancien ministre de l’Intérieur, en cavale depuis plusieurs mois.

«  Le pouvoir exécutif peut arrêter ce dernier, procureur de la Cour de cassation de son état, en seulement 48 heures ».

 

AJMT /bâtonnier des avocats : le litige toujours  à son paroxysme

Accusé dernièrement par l’Association des jeunes magistrats tunisiens de «porter atteinte au pouvoir judicaire en attisant la campagne de dénigrement de la justice, le bâtonnier persiste et signe en maintenant ses déclarations, déplorant que le conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne prenne pas les dispositions qui s’imposent à l’encontre  de certaines juges soupçonnés de corruption, en vue de la levée de l’immunité qui permettra leur poursuite,en vertu de la loi en vigueur.

Mais jusqu’à présent aucune résolution n’a été prise ni  par le CSM  ni par le parquet.

 

Ces nobles figures qui  nous quittent

Nous faisons part du décès :

-Du frère de Me Hatem Lahmar avocat à Tunis

Le défunt a été inhumé vendredi dernier au cimetière du Den-Den   Tunis

Puisse Dieu Le Tout Puissant, lui accorder Son infinie Miséricorde et l’accueillir en Son Eternel Paradis.  

Ahmed NEMLAGHI

Mots-clés: