Flou, tergiversations et implication du président de la République - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 19 Août 2018

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Aug.
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2018

Position d’Ennahdha sur le rapport de la COLIBE

Flou, tergiversations et implication du président de la République

Vendredi 10 Août 2018
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Le Temps - Le mouvement Ennahdha a appris, depuis la Révolution et après avoir goûté au pouvoir, comment anticiper tous les coups durs et toutes les critiques, pour sortir indemne et tirer le maximum possible de profit, pour l’avenir politique de ses dirigeants, surtout avec le savoir-faire de son éternel dirigeant, Rached Ghannouchi.

 

Les quatre années de consensus ave le mouvement de Nidaa Tounès a permis à Ennahdha, malgré sa déconvenue lors des précédentes élections législatives et présidentielle, de naviguer sur une mer calme, en sortant vainqueur dans toutes les situations où il est mis à l’épreuve et en occupant, surtout le terrain perdu par son adversaire et, ironie du sort, son partenaire dans la gestion du pays, soit Nidaa qui a été usé par le pouvoir et par les conflits internes, les dissidences et la volonté du président de la République de léguer le mouvement à son fils, Hafedh.

Pire encore, ce ne sont pas les responsables, présidence et gouvernement, qui nous annoncent les bonnes et les mauvaises nouvelles… parce que c’est Ennahdha qui se charge de le faire et d’en faire un outil de marchandage, pour occuper le terrain.

Contre toute attente, et face aux critiques concernant le refus de Ghannouchi de recevoir les auteurs du rapport du COLIBE, c’est Ennahdha qui annonce que le président de la République a été informé de la position du mouvement islamiste.

Une déclaration de ce mouvement publiée mercredi au terme de la réunion mardi de son bureau exécutif souligne que le président de la république Béji Caïd Essebsi a été informé de sa position sur le projet de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (COLIBE) rendu public le 12 juin dernier, dans un message remis par le chef du mouvement Rached Ghannouchi vendredi (soit le 3 août) au chef de l'Etat.

Ennahdha n'a pas fait état de sa position dans cette déclaration, se contentant d’indiquer que "Le président du mouvement a pris connaissance de l'approche du président de la république sur les questions relatives à l'héritage, aux libertés personnelles et sur les questions qui seront tranchées à court terme et celles qui sont sujettes à débat".

Le rapport a suscité une grande polémique et des réactions mitigées entre ceux qui ont approuvé son contenu et ceux qui l'ont fustigé allant même jusqu'à accuser les membres de la Commission, et en particulier sa présidente Bochra Belhaj Hmida, d’hérésie.