Le modèle consacré est-il toujours à suivre? - Le Temps Tunisie
Tunis Mercredi 21 Novembre 2018

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2018

Festivals d’été-Spectacles de saison

Le modèle consacré est-il toujours à suivre?

Mardi 7 Août 2018
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Il n’est pas certain que la multiplication des festivals d’été tels qu’ils sont conçus sous nos cieux soit une démonstration positive de la richesse culturelle dont regorge la Tunisie. Car les dits festivals sont devenus non seulement un mal nécessaire qui ronge toutes les caisses étatiques, privées et individuelles, mais se résument à des spectacles nationaux et internationaux qui ont lieu en plein air. Et depuis la création officielle des festivals de Carthage et de Hammamet depuis plus d’un demi-siècle, la fièvre de l’organisation de spectacles en plein air et en été est montée. Chaque ville, chaque village et chaque localité du pays en demande et en redemande. «Et ma part de festivals?» semblent, en effet, murmurer ou plutôt clamer les responsables locaux et les citoyens. Or, ce concept n’aurait jamais dû être un modèle à suivre  pour organiser ou créer des festivals. Un «Mahrajène» n’a pas lieu nécessairement le soir, en plein air et durant l’été. Il est une grande fête populaire dont le nom a été rattaché principalement à nos soirées artistiques estivales. Un « tiercé » pas du tout gagnant dans la mesure où les autres saisons sont sacrifiées. Les « gardiens » et garants des activités culturelles dans le pays nous diront qu’il existe bel et bien d’autres festivals en toutes saisons. Mais pourquoi Dieu faut-il les appeler ainsi ? Mais le plus gênant dans tout cela, c’est qu’ils n’ont pas encore pu leur trouver une autre appellation. Et si l’on accepte le concept étrange de nos festivals, on pourrait suggérer qu’ils soient organisés également en d’autres saisons au printemps, toujours en plein air ou en automne, par exemple dans des espaces couverts pour perpétuer la passion des spectacles et animer encore plus les cités. Car le modèle suivi depuis des décennies limite les grands festivals à la seule période de l’été marquée par la chaleur suffocante qui se prolonge le soir. Et la pluie pourrait bien s’y inviter annulant ou reportant tel ou tel programme. Du côté des organisateurs de festivals, il faudrait absolument revoir le concept des spectacles internationaux, dits festivals pour une revivification effective où ces spectacles se passeraient également en d’autres saisons comme précédemment avancé. 

                                                                   Lotfi BEN KHELIFA