Un hommage vibrant à Brahim Azzabi - Le Temps Tunisie
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2018

Clôture de la 31è édition du Festival International des Arts Plastiques à Mahrès

Un hommage vibrant à Brahim Azzabi

Samedi 28 Juillet 2018
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Les amateurs des arts plastiques et les artistes participants tunisiens et étrangers s’étaient donné rendez-vous ce mercredi 25 juillet pour la cérémonie de clôture de la 31è édition du Festival International des Arts Plastiques de Mahrès. Cette cérémonie a été organisée sur deux étapes : d’abord l’après-midi où s’organisa à la Galerie Youssef Rékik le vernissage de l’exposition des œuvres réalisées par les participants tout au long du Festival ; ensuite une soirée musicale a eu lieu vers 22h à l’espace Sidi Bou Saïd de Mahrès où des médailles ont été distribués aux participants de différents pays (Tunisie,Maroc, Lybye, Egypte, Algérie, Palestine, Liban, Jordanie, Syrie, Irak, Iran, Turquie, Oman, Emirats Arabes Unis, Bénin et France).

La cérémonie de clôture a été aussi marquée par  un vif hommage rendu à l’artiste plasticien tunisien Brahim Azzabi à qui la trophée du Festival à été remis sous les applaudissements des assistants qui étaient venus nombreux pour fêter l’événement. Brahim Azzabi, rappelons-le, est l’un des rénovateurs de la peinture tunisienne, ayant toujours voulu « se dégager du carcan de ses maîtres (Ben Mahmoud, Ben Abdallah et Shili), pour emprunter l’expression de Bady B. Naceur. A ce propos, l’artiste Brahim Azzabi a un jour déclaré : « Pour me dégager de leur influence, j’ai abandonné le travail du pinceau. J’ai découvert une nouvelle technique à partir de nouveaux matériaux : sable, stuc, colle… » De même, Azzabi puise ses thèmes dans la mythologie : «  les mythes, a écrit  l’artiste russo-tunisienne Olga Malakhova, ont été intentionnellement choisis par Azzabi ; ils appartiennent à à la mémoire collective universelle… »

Ainsi s’achève la 31è édition du Festival qui a démarré depuis le 18 juillet courant à la satisfaction générale, de par les témoignages et les déclarations des participants tunisiens et étrangers : différents ateliers de création pour grands et petits ont été organisés, des tribunes ont été tenues groupant plusieurs intervenants où les thèmes ne sont plus décidés d’avance, mais libres et spontanés, permettant aux participants de s’exprimer sur une situation de l’art, dans un pays donné ou chez un artiste déterminé ou encore sur un courant artistique ou une expérience personnelle vécue par l’artiste. De même, des sorties et des visites ont été organisées en faveur des invités, un ballet russe (Troupe Ivochka) a eu lieu et un récital poétique a été assuré grâce aux poètes Chemseddine El Ouni et Shahine Safi.

Ce Festival qui, depuis trois décennies œuvre pour la promotion de l’art et des artistes en Tunisie et dans les pays étrangers semble avoir chaque année davantage de rayonnement non seulement régional ou national mais mondial ; en témoigne le grand nombre de visiteurs locaux et étrangers à cette ville, devenue par excellence la « Ville artistique » de la  Tunisie. En effet, grâce aux nombreuses œuvres d'art installées un peu partout dans la ville, Mahrès est devenue un véritable espace d'exposition d'arts plastiques en plein air. Aussi faut-il voir ce jardin artistique de feu Youssef Rékik, fondateur du Festival en 1988, qui longe la mer de Mahrès où l’on peut voir des œuvres artistiques et des productions de nos différents créateurs en matière d’arts plastiques. Cependant, le visiteur de ce jardin ne saurait cacher sa mauvaise impression quant à l’état piteux des lieux : un jardin artistique qui semble négligé depuis quelques années, faute d’entretien et de travaux de restauration. Il est donc souhaitable que ce jardin soit entretenu et conservé par les autorités locales afin de sauvegarder la vocation artistique et la belle image de cette petite ville côtière.

Hechmi KHALLADI