Gâchée par la vulgarité - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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Sep.
24
2018

«Flâneries» de Hamideddine Bouali

Gâchée par la vulgarité

Vendredi 27 Juillet 2018
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La rotonde de la Cité de la Culture de Tunis a accueilli une exposition interactive du photographe Hamideddine Bouali intitulée «Flâneries». Une bonne occasion pour les Tunisiens de montrer leur vulgarité ; ce qui a tout gâché.

Dans son exposition interactive, Hamideddine Bouali, qui se qualifie de photographe «amateur» et non «professionnel», car pour lui «l'origine du premier étant «amare» (aimé) alorsque le second connote le travail», a invité les visiteurs à cheminer à travers Tunis grâce à différents clichés intemporels et dans différents espaces de la capitale, «parce que flânerie sonne bien avec rêverie». Dans l’introduction à son exposition, le photographe «amateur» a expliqué que ses «prises de vues se font presque toujours lors de ses balades, et ces balades se font dans la plupart des cas en traversant de part en part la Médina de Tunis et la ville moderne». Et d’ajouter«Tout Tunis est à regarder, les ruelles et les avenues, les articles des artisans et les vitrines des magasins...».

Les photos ont été accrochées de manière circulaire sur des panneaux blancs installés en demi-cercle et le visiteur pouvait commencer soit par la droite soit par la gauche, ainsi le photographe a laissé la liberté au public dans son itinéraire. D’ailleurs, dans son texte de présentation, il l’a clairement écrit : «Deux entrées pour une même exposition...c'est à vous de choisir vos parcours, vos flâneries, vos rêverie...».

Par contre, ce que les visiteurs n’ont pas compris ou ont fait semblant de ne pas saisir c’est cette phrase, pourtant claire et nette :«et si le coeur vous en dit, écrivez sous les photos vos impressions comme sur un mur facebook, vos souvenirs des lieux si la mémoire vous reviens ou votre nom si vous aimez sans raison !». En effet, des marqueurs étaient à disposition du publicqui s’est empressé non pas d’écrire sous les photos mais sur les photos, de barioler les images en ajoutant, par exemple, du noir sur les dents d’un sujet pour faire donner l’impression qu’il est édenté, d’écrire de nombreuses vulgarités et grossiertés, qui dénaturent l’exposition mais montrent bien que de nombreux Tunisiens n’ont pas encore atteint la maturité en terme de culture –et l’on peut se demander s’ils ont vraiment atteint la maturité tout court.

Il faudrait peut-être créer, quelque part, dans Tunis et dans toutes les villes du pays un mur des lamentations sur lequel ceux qui ont la rage au cœur et qui sont trop hypocrites pour le clamer tout haut puisse l’écrire tout bas !

La compréhension de l’interactivité sans vulgarités n’est pas encore pour demain chez nous !

Zouhour HARBAOUI