L’art du chant était respecté - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 18 Septembre 2018

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Sep.
18
2018

Concert de Jahida Wehbe au festival international d’Hammamet

L’art du chant était respecté

Vendredi 27 Juillet 2018
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Le concert donné récemment sur la scène du festival international d’Hammamet par la chanteuse libanaise Jahida Wehbe venait confirmer et de visu les potentialités vocales et le style « Tarabi » de cette grande dame de la chanson moyen orientale d’aujourd’hui.

Une découverte ? Certes, pour les spectateurs qui la connaissaient peu ou prou. Mais faut-il rappeler qu’elle a déjà chanté à Tunis au mois de mai dernier sur la scène du Théâtre de la ville de Tunis et qu’elle a conquis un public ravi. Et mieux encore, Jahida Wehbe n’est pas seulement une chanteuse de studio. Elle maîtrise son art, voire sa voix veloutée sur scène prouvant qu’elle aime rencontrer le public avec toute l’aisance requise. Elle « jongle » avec sa voix et se permet des improvisations que seuls les pros osent s’y aventurer. Joviale et toute heureuse de chanter, elle persiste et signe dans les « Qasids » et autres hymnes pour en faire des morceaux « populaires » et entraînants. Le public le lui rend entrant dans le spectacle, en applaudissant et en reprenant en chœur et à l’unisson les refrains ou mêmes les couplets de l’une ou l’autre des chansons proposées par cette artiste. Son registre est rigoureux, n’en déplaise aux friands de la chanson et du chant quelconque. Elle ne badine pas avec la chanson à texte choisissant toujours des poèmes puisés des oeuvres des poètes arabes d’hier et d’aujourd’hui. Elle passe ainsi et allègrement d’Al Hallej, à Aboul Kacem Chebbi et de Rabâa Al Adaouiya, à Mahmoud Darwiche. Elle garde pour cela un certain « standing artistique », si on ose l’appeler ainsi. Saurions-nous l’appeler « la gardienne du temple de la chanson authentique, sinon classique et arabe de notre temps » ? Jahida Wehbe a osé mettre en musique « Iradatou al hayet » de notre poète éternel Aboul Kacem Chebbi. Une composition d’un haut niveau. Ce poème a été rappelons-le composé entre autres à dix années d’intervalle par le libanais Halim Erroumi et l’égyptien Riadh Sombati et chanté par Souad Mohamed. Mais Jahida Wehbe surprend encore son public en interprétant Edith Piaf en langue française et comme il se doit, mais aussi en version arabe dans le dialecte libanais. De purs moments de bonheur. Le public s’en délectait et en redemandait. Et pour rester dans le classique, Oum Kalthoum et Asmahane faisaient partie du show. Car le concert l’était ainsi. Tout un chacun y avait trouvé son compte à l’occasion d’une soirée où l’art du chant était respecté. La convivialité y était aussi.

 

Lotfi BEN KHELIFA