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Bruits et chuchotements

Dimanche 1 Juillet 2018
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Récital de poésie arabe au lancement de la Chaire "Abou el Kacem Chebbi pour la poésie"

La Chaire "Abou El Kacem Chebbi pour la poésie" a été officiellement lancée, vendredi, à la Cité de la Culture à Tunis, en présence de Béji Caïd Essebsi, président de la République. La Chaire "Abou el Kacem Chebbi pour la poésie" est une initiative de la Fondation culturelle "Abdul Aziz Saud Al-Babtain" baptisée au nom son fondateur et président le poète koweitien, Abdul Aziz Saud Al-Babtain.

Un récital de poésie a été donné par 14 poètes représentants plusieurs pays arabes dont 7 de Tunisie, tels que Adam Fathi et Moncef Mezghani.

Le reste des poètes représentent le Koweït (2), l’Egypte, l’Irak, le Maroc, le Sultanat d’Oman et la Syrie. Ils ont successivement récité des extraits de poèmes où l’esthétique des belles expressions de la Langue arabe s'est associée aux valeurs nobles que prônent les poètes pour les causes humaines et politiques dans un monde arabe en perte de repères, dans la tourmente des guerres et des conflits armés. 

L’hôte koweitien, également poète, a exprimé sa gratitude pour à la Tunisie pour avoir abrité le lancement de cet événement avant de réciter un court poème de cinq vers, intitulé "l’éternelle Gènèse" (al-Ibadaa al-khaled). Ce poème "récemment écrit est inspiré de l’œuvre de Chebbi", a-t-il dit. 

Il a annoncé que la fondation a fait don de milliers de livres littéraires à la cité de la culture, ajoutant que cet édifice qui constitue "un nouveau minaret de la culture arabe, témoigne de l’intérêt de la Tunisie pour la culture qui est ancrée dans ses racines."

Pour le directeur de la Fondation, "Abou El Kacem Chebbi Chebbi est un grand poète dont l’œuvre n'a cessé depuis des décennies de nourrir la mémoire des peuples aspirant à la liberté, dans le monde arabe et ailleurs". 

"Au fond de chacun de nous somnole l’âme de Chebbi ", a-t-il ajouté, estimant que l'auteur du célèbre recueil de poèmes Les Chants de la Vie, "demeure le symbole de la république tunisienne et tous ceux qui glorifient la vie". 

Il est revenu sur sa relation avec l’œuvre de Chebbi, ce poète- ayant vécu entre 1909 et 1934- qui l’a inspiré en ses débuts avec la poésie, dans les années 50. Sa fascination pour l’œuvre prolifique du poète tunisien l’a poussée à organiser, en 1994, une session au nom de Chebbi à la ville de Fès au Maroc, sous le haut patronage du roi Hassan II. 

De sa nostalgie pour Chebbi qui ne l’a jamais quittée, vient la création de cette Chaire, placée sous le haut patronage du président tunisien, dont l’idée avait fini par se concrétiser depuis 2015 en étroite coordination avec la présidence de la république. Pour lui, il s’agit d’une Chaire "assez unique en son genre malgré les 150 chaires créées par la fondation dans différents coins du monde qui sont dédiées à l’apprentissage de langue arabe". 

L’hôte Koweitien a annoncé que "la Chaire Chebbi est dédiée spécialement à la Tunisie et ses activités concernent tout la nation arabe". Elle sera "parrainée par la fondation qui apportera toute son aide aux poètes notamment pour ceux les plus distingues et les moins connus". Ce nouveau né sera "un point phare de la culture arabe, en Tunisie en particulier et dans toute la région arabe", a-t-il estimé. 

Dans une déclaration à TAP, le ministre des Affaires Culturelles, Mohamed Zine El Abidine, a parlé d’une Chaire qui requiert une grande importance pour la Tunisie et son rayonnement dans le monde arabe, du fait de la valeur culturelle, littéraire, intellectuelle et poétique de Chebbi".

Sa création coïncide avec un nouveau partenariat entre la Tunisie et la fondation Al-Babtain, ce qui devra élargir les ponts de communication avec la région arabe, a encore dit-le ministre. 

A son avis, la Chaire devra ouvrir de nouveaux horizons pour des rencontres poétiques, publications d’ouvrages de poésie mais aussi encourager les jeunes générations et susciter leur intérêt pour la poésie.

Il a cité une première rencontre qui constitue le coup d’envoi d’une initiative assez importante pour la continuité de la poésie et les écoles de poésie, à l’intérieur et en dehors de la Tunisie.

Le ministre préconise que les évènements futurs prévus par la Chaire Chebbi soient organisés en coordination avec les organismes officiels en relation avec la poésie. Toute une stratégie qui nécessite " une restructuration de la Chaire afin qu’elle soit un organisme institutionnel pérenne ".

 

 

" The man behind the microphone ", un documentaire sur la vie du chanteur tunisien Hédi Jouini projeté à Paris

"The man behind the microphone", un documentaire sur la vie du chanteur tunisien Hédi Jouini réalisé par Claire Belhassine a été projeté vendredi dans le cadre de la 1ère édition du Festival des cinémas arabes organisé par l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris.

Plus de quatre vingt courts et longs métrages et documentaires sont au programme de la première édition des cinémas arabes qui a démarré le 28 juin et se poursuivra jusqu’au 8 juillet.

Présenté en compétition long métrage documentaire, " The man behind the microphone ", l’homme derrière le microphone, retrace pendant 90 minutes la vie de l'icône de la chanson tunisienne, Hédi Jouini. La réalisatrice qui n’est autre que la petite fille du chanteur, met en scène la vie de son grand-père et une histoire de famille, marquée surtout après son décès, par un conflit à cause de son héritage artistique.

Claire Belhassine fait usage de gros plans et de plans serrés sur la vie de Hédi Jouini pour raconter son histoire " une longue histoire, depuis sa naissance à Tunis ".

Dans le documentaire, la réalisatrice donne la parole à son père Férid, ses oncles et ses tantes ainsi que des artistes et historiens tunisiens afin de dévoiler la vie d’un homme que le public a toujours connu derrière le microphone.

" Cet enfant unique abandonné par ses parents qui se retourne vers la musique a consacré sa vie et son temps à la chanson, parfois au détriment de sa vie de famille, notamment sa relation avec sa femme Ninette, une juive tunisienne".

Pour réaliser son documentaire, Claire Belhassine a fait un va-et-vient dans le temps et l’espace. Elle a monté des vidéos tournées par la famille ainsi que des photos pour reconstruire le puzzle familial éparpillé entre Tunis, Londres, Paris, et les Etats-Unis d’Amérique où les enfants de Hédi Jouini vivent.

Pour réaliser son documentaire, Claire Belhassine a tourné pendant plus de dix ans. " J’ai voulu comprendre qui était mon grand-père ", déclare-t-elle à l’agence TAP. Elle a reconstruit l’histoire de Hédi Jouini et surtout fait réunir la fratrie fracturée pendant presque vingt ans, à cause du différend lié à la gestion de l’héritage artistique du chanteur, laisse entendre la réalisatrice. Claire Belhassine annonce qu'elle présentera son documentaire dans les salles de cinéma en Tunisie à la rentrée.

En plus de " The man behind the microphone ", qui est en lice pour un prix lors de cette première édition des cinémas arabes, d’autres réalisateurs tunisiens sont en compétition.

Il s'agit du documentaire de Nada Mezni Hafaiedh " 80’ " qui présente la vie des groupes LGBT en Tunisie projeté vendredi après-midi.

La fiction Benzine de Sarra Abidi sera projetée dimanche dans le cadre de la compétition des longs métrages. 

Egalement, les courts métrages " Valse de l’aube " de Emna Najjar, " Black Mamba " de Amal Guellaty et " Bolbol " de Khedija Lemkecher, seront en compétition pour décrocher un prix.

 

" The last of us " de Ala Eddine Slim sera projeté dans le cadre de la sélection officielle hors compétition.