Une perche de salut ou une boîte à Pandore… - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 18 Octobre 2018

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Document « Carthage 2 »

Une perche de salut ou une boîte à Pandore…

Mercredi 23 Mai 2018
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La Tunisie est-elle encore gouvernable avec tous ces messages « catastrophiques » de la classe politique toutes tendances confondues, y compris les syndicats et les associations de tous les droits en plus des partis au nombre de 212 ou 13, on n’en est plus à une unité près !

Des faits et indices majeurs ne trompent plus que ceux qui refusent d’en tirer les conséquences. D’abord cette violence qui a pénétré profondément le pays, les tissus urbains et surtout la jeunesse et pas seulement les désœuvrés. Violence horrifiante dans les stades, avec cette « correction » ensanglantée, lors de ce maudit match de barrage entre les équipes de Gafsa et de Ben Guerdène, administrée à ce pauvre M. Chandoul sur la pelouse même du Radès, stade emblématique du renouveau sportif en Tunisie. En arriver jusque-là, et dans une ambiance de déjà vu plusieurs centaines de fois depuis quelques années, ne peut que consolider ce phénomène d’accoutumance et d’acceptation de la violence dans les stades et par ricochet dans l’espace public.

Idem, des jets de pierres sur les trains des banlieues, aujourd’hui et qui sait demain sur les bus et tous les moyens de locomotion publics et privés et qui confirment la banalisation de la violence y compris chez les adolescents de moins de 15 ans.

Cette violence est devenue le quotidien « toléré » des Tunisiens, parce qu’elle est véhiculée, et il est temps de le souligner et le dire à haute voix, par les acteurs politiques et sociaux du sommet à la base des partis et organisations de masses.

Certains médias qui se délectent à reproduire toutes ces déclarations incendiaires et appels « codés » à la violence, au nom de la liberté d’expression, tout en sachant que la recherche de l’audimat est bien l’objectif premier à atteindre, tirages et produits publicitaires obligent, ne font que jeter de l’huile sur le feu pour légitimer cette descente « enthousiasmée » à l’enfer de la violence… Mais attention aux boules de neige !

Les campagnes des politiciens qui ont choisi de « dénoncer » les 10 millions de « voleurs » et de « corrompus » parmi les Tunisiens, ne sont pas étrangers à la diffusion de ces petites rebellions violentes ça et là et qui amplifient à vu d’œil pour constituer un véritable défi à la paix publique et à la sécurité des villes.

Alors qui a « volé » le pétrole que tous les géologues de la terre, n’en confirment pas l’abondance, pour le moment en Tunisie !? En tous les cas pour le moment ce qui est bien prouvé c’est qu’après cette campagne, l’ensemble du secteur de l’énergie, de la prospection et de l’extraction pétrolière est de plus en plus sinistrés, pour ne plus couvrir que 35 à 40 % de nos besoins, juste au moment, où le prix du baril d’or noir grimpe à 80 dollars l’unité et ce n’est pas fini !

En tout cas, la caisse de compensation déjà assommée par les centaines de millions de dinars pour couvrir le déficit énergétique, va bientôt devenir ingérable, car les ressources de l’Etat doivent faire face à cette douloureuse équation : comment faire pour importer cette énergie manquante et nécessaire sans augmenter tragiquement le prix du carburant à la pompe ! Là, ceux par centaines parmi ces politiciens acharnés contre le gouvernement, devraient sortir leurs lampes d’Aladin pour tromper et baratiner encore une fois les Tunisiens médusés…

C’est dire que les « messages », que certaines déclarations irrationnelles et non réalistes de « leaders » (sic) de partis et autres organisations populaires diffusent pour le compte de la conquête du pouvoir, sont de plus en plus mal perçues et acceptées par les masses silencieuses, qui sont saturées de voir à quel point la « politique » dégénère et pourrit.

Pourtant l’Histoire ne retient que les paroles de vérité des grands leaders nationaux et mondiaux, qui à différentes époques ont eu le courage de demander à leurs peuples des sacrifices en leur « promettant des larmes » comme cela a été le cas avec Winston Churchill premier Ministre britannique en pleine bataille d’Angleterre début des années 1940, et les appels du grand leader Bourguiba en janvier 1952 pour l’ultime bataille contre la colonisation.

Bercer les peuples par les promesses d’illusionnistes, alors que la pompe cardiaque de l’économie risque l’arrêt et la banqueroute du pays, c’est vendre les semences de l’agressivité et des frustrations qui poussent au défaitisme ou à la violence.

Or les deux sont les ennemis du progrès, de la croissance, du développement et de la joie de vivre des peuples.

Le document de « Carthage 2 » qui combine toute la psychologie sociale et politique de ceux qui veulent nous gouverner, avec toutes ces tractations interminables du « donnant, donnant », entre les acteurs plus concernés par la quête du pouvoir que par l’intérêt suprême et majeur de la Nation risque le destin de la mythique boîte à Pandore, censée cacher les misères humaines par Zeus, Dieu des Dieux, et dont l’ouverture provoqua tous les maux de la terre !

A se demander à quoi servent les plans de développement, si chaque année, on s’évertue à les contester pour des « mesures », que seuls des prestidigitateurs pourront mettre en œuvre.

 Chahed ou pas Chahed, aucun gouvernement, aussi vertueux et compétent soit-il, n’est capable aujourd’hui de satisfaire tout le monde à la fois « Erdhaou enness… ghayaton la toudrak »… dit notre sagesse populaire… Eh, oui, espérons que le « Carthage 2 » ne sera pas la boîte à Pandore nationale… car même « Zeus » n’y pourra rien !

K.G