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Irak- Législatives: Percée du leader chiite Moqtada al-Sadr

Dimanche 20 Mai 2018
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Irak- Législatives: Percée du leader chiite Moqtada al-Sadr

Les résultats définitifs des législatives en Irak ont confirmé hier la percée des antisystèmes, le populiste Moqtada al-Sadr en tête, aux dépens du Premier ministre sortant soutenu par la communauté internationale. Les tractations pour former un gouvernement ont commencé depuis plusieurs jours, mais sont loin d'être terminées.
Après un long décompte et plusieurs reports de l'annonce officielle des résultats finaux, l'alliance inédite entre l'influent leader nationaliste chiite Moqtada al-Sadr et les communistes remporte 54 sièges. La liste des anciens du Hachd al-Chaabi, supplétif crucial de l'armée dans la victoire sur le groupe Etat islamique (EI), soutenue par l'Iran, obtient 47 sièges. Avec 42 sièges, l'Alliance de la Victoire, emmenée par le chef de gouvernement sortant Haidar al-Abadi arrive en troisième position.
Aucune des trois forces arrivées en tête n'a donc gagné plus d'une cinquantaine de sièges au Parlement. Ce scrutin a en outre été marqué par une abstention record depuis les premières élections multipartites de 2005.
Le temps des coalitions est donc arrivé pour «La marche pour la réforme» d'Al-Sadr, qui n'est pas du tout assuré de pouvoir gouverner ces quatre prochaines années. En effet, le système parlementaire est calibré pour parcelliser le pouvoir législatif après la chute du dictateur Saddam Hussein lors de l'invasion emmenée par les Américains en 2003.
Les négociations pour former une coalition gouvernementale avaient déjà débuté dès la fin du vote il y a une semaine. Mais les deux puissances internationales qui agissent en Irak et supervisent ces tractations - Etats-Unis et Iran - ne soutiennent pas ce trublion qui a mené, à la tête de sa milice l'armée du Mahdi, une sanglante rébellion contre la présence des Marines en Irak au cours de la décennie 2000. Dans un contexte d'extrême tensions entre Washington et Téhéran, l'arrivée de Sadr risque de compliquer encore davantage l'échiquier.
Toujours coiffé du turban noir des descendants du prophète, le sayyed comme l'appellent ses partisans, âgé de 44 ans, s'est fait depuis quelques années le chantre de la lutte anticorruption, fléau qui mine le pays et empêche sa reconstruction. Au cours de l'année 2016, des foules entières répondaient à son appel à combattre la corruption en observant des sit-in à Bagdad. Personnage incontournable de la vie socio-politique irakienne, Moqtada al-Sadr ne fait pas l'unanimité, y compris chez ses correligionnaires comme le grand ayatollah Ali al-Sistani, principale autorité chiite du pays, basée comme Sadr dans la ville sainte de Nadjaf.