Premiers jours de Ramadan: Ce n’est qu’un début - Le Temps Tunisie
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Premiers jours de Ramadan: Ce n’est qu’un début

Dimanche 20 Mai 2018
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• Citoyens divisés, violence affichée et polémique assurée

Après les événements du 14 janvier 2011, le mois de Ramadan est devenu en Tunisie synonyme d’insécurité et de menace terroriste. La dernière attaque menée au cours de ce mois était celle qui a visé l’hôtel l’Impérial de Sousse et qui a engendré 39 morts et une quarantaine de blessés. Depuis, la situation sécuritaire se porte nettement mieux et nous en sommes au troisième Ramadan sans aucun incident.
Toutefois, nous sommes loin de passer un mois tranquille où ses premières 72 heures ont été marquées par une scission et une polémique sans nom. Cela a commencé avec le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, qui a déclaré, lors d’une séance d’audition à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), que les Tunisiens sont répartis sur deux catégories la première pratiquante respectant les rituels du mois de Ramadan et la seconde, minoritaire, non-pratiquante. Le ministre a fini par affirmer que la seconde catégorie minoritaire doit absolument respecter les pratiquants croyants qu’il a estimés, selon une source qu’il n’a bien évidemment pas citée, à 99% de l’ensemble des Tunisiens. Le ministre semble oublier que les principes même de la démocratie stipulent que les minorités doivent être protégées voire avantagées sur la majorité et qu’il n’est pas du devoir des institutions de l’Etat de veiller à ce que les droits et les ‘sentiments’ de la majorité priment sur les autres d’autant plus que la Constitution tunisienne garantit, clairement, la liberté de croyance de chaque citoyen tunisien.
Avec cette déclaration, Lotfi Brahem nous renvoie vers les années noires de la Tunisie où nous étions divisés entre musulmans et non-musulmans et où cela avait fini par des drames avec des assassinats et des attentats. Si monsieur le ministre pense qu’avec de pareilles positions il peut nous épargner de nouvelles attaques, il se goure totalement puisqu’il expose toutes les minorités à des lynchages et cela donne de la légitimité à ceux qui passent leur vie à lyncher tous ceux qui ne leur ressemblent pas.
A peine remis de cette terrible position officielle, une nouvelle polémique a été créée sur un terrain de foot dans une partie qui opposait l’Union Sportive de Ben Guerdène à El Gaouafel Sportives de Gafsa au stade olympique de Radès. Suite à un arrêt du match décidé par l’arbitre, à cause des violences qui ont éclaté entre les joueurs des deux équipes à la mi-temps, la situation sur le terrain a dégénéré et plusieurs individus s’y sont introduits pour que le chaos en devienne encore plus régnant. Parmi les individus en question, deux ont attiré l’attention de tout le monde et pour cause: le premier n’était autre que le président du bloc parlementaire du mouvement de Nidaa Tounes, Sofiene Toubal, et le second le député du Front populaire, Ammar Amroussia. Largement diffusée sur les réseaux sociaux, la séquence nous a mis face à notre vulgaire violence nous rappelant que cette dernière peut surgir n’importe où, n’importe quand et pour n’importe quelle raison.
Avec un terrain aussi favorable à la violence, la position de Lotfi Brahem devient encore plus dangereuse vu que ses conséquences peuvent déraper à tout moment…
Salma BOURAOUI

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