Soit Chahed soit Taboubi ! - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 18 Octobre 2018

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Oct.
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2018

Pacte de Carthage version 2.0

Soit Chahed soit Taboubi !

Vendredi 18 Mai 2018
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Le représentant de l’Union patriotique libre (UPL) au sein de la Commission technique du pacte de Carthage, Nabil Sebaï, a déclaré que la deuxième version du Pacte de Carthage a été finalisée et qu’elle sera présentée, demain vendredi, aux signataires (les partis politiques et les organisations nationales) pour une validation finale.
 

Affirmant que toutes les composantes de ladite Commission ont fait des concessions pour finaliser le document, Nabil Sebaï a expliqué que les nouvelles priorités économiques et sociales demandent un minimum de cinq années pour être exécutées alors que le gouvernement actuel ne dispose plus que de vingt mois de travail avant les prochaines élections. Toujours selon l’intéressé, la restructuration de l’actuelle équipe gouvernementale a été parmi les points de discorde les plus importants ; après plusieurs reports, cette question aurait finalement été résolue mercredi dernier.
De son côté, le représentant du mouvement d’Ennahdha, l’économiste Ridha Chkandali, a rappelé que le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a réclamé que le nouveau document soit présenté devant les signataires sans aucune divergence pour que les discussions ne prennent pas trop de temps. Selon l’intéressé, la Commission a réussi à résoudre un grand point de divergence avec l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) relatif aux conventions de 2011 portant sur des augmentations salariales que l’Etat ne peut plus assurer. Par ailleurs la réforme éducative aurait été abandonnée vu la tension qui continue de primer entre la Fédération générale de l’enseignement secondaire et le ministère de l’Education nationale.
Dans son édition d’hier, le journal Achaab a rendu public les nouvelles mesures économiques et sociales prévues par le nouveau Pacte de Carthage. Des priorités pas très nouvelles puisque l’on y parle de la réforme des Caisses sociales, de la lutte contre la contrebande et contre l’évasion fiscale. La partie la plus intéressante du nouveau document n’a pas été évoquée et pour cause ; ce nouveau document va déterminer, une fois pour toute, le sort de Youssef Chahed et de son gouvernement.
Le secrétaire-général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, ne cache plus son jeu et réclame le départ immédiat du gouvernement ou, au minimum, il appelle à la nécessité d’un important remaniement ministériel pour mettre du sang neuf à la Kasbah. De son côté, le président de la République  ne serait pas très motivé par un changement gouvernemental à seulement vingt mois des prochaines élections. Selon les bruits de couloir, la solution du juste milieu viendrait du côté d’Ennahdha qui aurait proposé de grader Youssef Chahed tout en l’obligeant à s’engager à ne pas se présenter à la Présidentielle de 2019. Une solution qui n’est pas étrange au mouvement islamiste dont le chef, Rached Ghannouchi, a appelé, en août 2017, le jeune chef du gouvernement à ne pas se présenter à ladite élection. Un appel qui, à l’époque, a été mal pris par Béji Caïd Essebsi qui n’a pas manqué d’y répondre en affirmant qu’il n’était pas au courant d’une telle proposition.
Aujourd’hui, et alors que la situation économique et sociale approche dangereusement de la zone rouge, les esprits sont ailleurs et tous les yeux sont rivés sur les élections de 2019 : que cela soit du côté des  deux présidents, des chefs de partis ou des dirigeants des organisations sociales, la question est claire : qui placerons-nous à la tête de l’Etat d’ici ces quelques petits vingt mois ?
Salma BOURAOUI