"Sous le soleil brulant de l'Afrique": La Tunisie il y'a cent ans dans les récits photographiques des voyageurs tchécoslovaques - Le Temps Tunisie
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"Sous le soleil brulant de l'Afrique": La Tunisie il y'a cent ans dans les récits photographiques des voyageurs tchécoslovaques

Dimanche 13 Mai 2018
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Une matière photographique bien conservée de 78 clichés, témoins du passage des tchécoslovaques puis des tchèques en Afrique du Nord et particulièrement en Tunisie, forment l'exposition "Sous le soleil brulant de l'Afrique" qui se tient du 12 mai au 12 aout 2018 au musée national du Bardo.

Le vernissage officiel qui a eu lieu vendredi en fin d'après midi s'est déroulé en présence de Jiri Dolezel ambassadeur de la république tchèque en Tunisie, Fatma Naït Yghil, directrice générale du musée du Bardo et Michal Lukes, directeur général du musée de Prague.

Devant un grand nombre de diplomates, l'ambassadeur tchèque s'est, dans son allocution, félicité de l'organisation de cette exposition, fruit d'un travail d'une année entre deux musées prestigieux à savoir le musée du Bardo et celui de Prague.

Soutenue par l'ambassade de la république tchèque, cette exposition, a-t-il ajouté est un voyage photographique à travers l'histoire en Tunisie de 1918 à 1938 et une occasion pour les Tunisiens de voir la Tunisie sous l'objectif des voyageurs tchécoslovaques puis tchèques, il ya cent ans.

L’ambassadeur a précisé que l'organisation de cette exposition s'inscrit dans le cadre de la célébration des 100 ans de la naissance de la république tchèque. Il a par ailleurs formé le voeu de renforcer davantage les relations entre les deux pays dans le secteur culturel à travers notamment l'organisation au musée de Prague d'une exposition qui porte les couleurs de la Tunisie.

Témoin d'une forte collaboration entre les deux musées avec le soutien également de l'Institut national du patrimoine (INP Tunis), cette exposition, a précisé la directrice générale du musée du Bardo, est un exemple éloquent du partage d'archives et de documents richissimes sur les traces multiples et variées des explorateurs tchècoslovaques durant leur passage dans notre pays et de l'intérêt qu'ils portaient à la Tunisie devenue ainsi une destination prisée et recherchée par les aventuriers tchécoslovaques qui décèlent à travers leurs prises de vues, leur désir ardent de mettre en avant la richesse des monuments historiques, la diversité de la culture tunisienne, et la beauté de ses sites.

De son côté, le directeur général du musée de Prague a tenu à souligner que cette exposition est la première en son genre organisée entre les musées du Bardo et celui de Prague. Les photographies sélectionnées et qui appartiennent également à la collection du musée d'Histoire et du musée Naprstek sont les témoins des voyages réalisés par le tchécoslovaques en Tunisie durant la première période d'existence de la Tchécoslovaquie indépendante c'est à dire entre les deux guerres.

Etant donné que les voyages étaient une activité très répandue chez les tchécoslovaques, a-t-il mentionné, les albums photos présentés dans le cadre de cette exposition donnent à voir les traces de l'exploration de la vie quotidienne, de la nature exotique, du désert mystérieux, de l'architecture et des monuments antiques durant les années 1918-1938.

En effet, durant la période de l'entre deux guerres, nombreux sont les voyageurs qui se lancent à la découverte de nouveaux horizons et d'autres terres d'aventures. C'est ainsi que le couple Karel et Orylie Maly-Tatransky prend en 1922 la route à pied, dans un tour du monde, qui l'emmena notamment en Tunisie. Dans leurs photos, on y retrouve les traces de la flotte de l'armée blanche confinée dans le port de Bizerte, des fouilles archéologiques de Carthage, des tombes puniques, du port de Sfax, du souk de Tunis, etc. De ce passage en Tunisie, ils ont laissé une sorte de journal qui décrit de manière pittoresque la manière dont ils se déplacent, visitent les villes, les monuments, les sites antiques et dont ils entrent en contact direct avec les populations locales tout en découvrant leur mode de vie.

En 1923, c'est au tour du premier président tchécoslovaque Tomas G Masaryk de passer par l'Algérie puis la Tunisie, particulièrement la capitale et le site de fouilles de Carthage antique.

En 1930, la Tunisie fait l'objet d'une expédition de biologistes du musée national de Tchécoslovaquie. Il s'agit de l'une des plus grandes expéditions de sciences naturelles de son histoire baptisée "L’expédition Obenberger". Le fuit de cette expédition est notamment une série de photographies couvrant l'expédition en Tunisie, ainsi qu'un documentaire intitulé "Sous le soleil Brulant de l'Afrique" d'où d'ailleurs l'intitulé de l'exposition. Les chercheurs ayant débarqué en Tunisie le 10 mai 1930 sont passés notamment au Kef, Kairouan, Sfax, Gabes et Gafsa.

Enfin dans les années 30, des voyages en car dans le Maghreb sont régulièrement organisés. L’exposition, témoin de cette passion du voyage chez les tchécoslovaques puis les tchèques, donne à voir une série de photos des voyages d'enseignants notamment en Tunisie où l'un des participants, le médecin Karel Krizek a photographié tout au long du voyage en 1936, les sites et monuments visités : le village berbère (ghorfa) à Médenine, le souk de Tunis, la médina de Tunis, la cour du musée du Bardo etc.

Il va sans dire que le premier voyageur Tchèque dont on ait gardé une trace précieuse du passage en Tunisie est l'aristocrate Léopold 1er, comte de Berchtold, qui traverse toute la côte nord-africaine dans les années 1790. Dès le siècle suivant, le Maghreb notamment la Tunisie devient une destination particulièrement prisée par les scientifiques, les collectionneurs et les commerçants tchèques sans compter les hommes de lettres comme le grand écrivain Julius Zeyer, l'écrivaine et journaliste Marie Majerova ou encore le romancier Jaroslav Raimund Vavra....Autant de voyageurs qui ont laissé des traces de leurs séjours, qu'il s'agisse de témoignages littéraires (articles de journaux, carnets de voyages) ou visuels comme les photographies de cette exposition qui sera visible pendant trois mois au Musée du Bardo.