Discrédit de l’ISIE auprès de la société civile - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

Suivez-nous

Sep.
23
2018

Organisation municipales

Discrédit de l’ISIE auprès de la société civile

Vendredi 11 Mai 2018
نسخة للطباعة

Les dernières élections municipales ont montré les limites d’une instance dont la composition a été réalisée à la sauvette et qui a été loin de répondre aux attentes, en raison de ses décisions au pied-levé et ses hésitations dans l’action pour rappeler à l’ordre de toutes les parties et la preuve en est que, pour les Municipales, les infractions se sont comptées par milliers et plus d’une centaine avaient un caractère grave.

Le manque de compétence de plusieurs agents de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), l’absence de coordination entre les instances régionales de l’ISIE, la violence à l’intérieur et à l’extérieur des centres de vote, le non respect du silence électoral dans l’espace public et virtuel ainsi que l’achat de voix et autres infractions et défaillances ont été constatés par les observateurs de six organisations de la société civile durant les élections municipales de 2018.

Lors d’une conférence de presse tenue à Tunis à l’initiative de l’Institut national démocratique pour les affaires internationales en Tunisie, six associations ayant bénéficié de l’assistance technique et financière de l’Institut ont présenté les conclusions préliminaires de leurs observateurs et leurs recommandations.

Il s’agit de l’observatoire Chahed, l’association Jeunesse Sans Frontières (JSF), la coalition Awfiya, I Watch, Mourakiboun et le centre Tunisien méditerranéen (TU-Med), 

Les représentantes de ces associations ont signalé le manque d’agents dans certains bureaux. Les observateurs ont constaté la présence de seulement deux agents alors que les normes internationales exigent la présence d’au moins quatre.

Elles ont aussi mis l’accent sur la nécessité de renforcer les compétences des agents de l’ISIE notamment en prévision des prochaines échéances électorales.

Les intervenantes ont, en outre, indiqué que les observateurs ont constaté que le jour du scrutin (le 06 mai 2018) certains bureaux de vote ont ouvert tardivement et que dans d’autres, le matériel électoral manquait.

Elles ont également souligné le besoin d’actualiser le registre électoral, exhortant l’ISIE à trouver des mécanismes appropriés pour imposer le respect du silence électoral qui a été brisé par plusieurs listes dans l’espace public et surtout sur la toile où des vidéos sponsorisées ont été diffusées avant la campagne électorale et même le jour du scrutin, à quelques heures de la fermeture des bureaux de vote.

Les participantes ont aussi insisté sur la nécessité de trouver les moyens d’inciter les citoyens notamment les jeunes et les femmes en milieu rural au vote lors des prochaines élections étant donné que le taux de leur participation aux municipales a été très faible.

Selon les représentantes des six associations, la violence verbale et parfois physique à l’intérieur et à l’extérieur des centres de vote a été aussi constatée par les observateurs qui ont, eux aussi, été la cible d’agression et ont rencontré des difficultés lors de l’accomplissement de leur travail le jour du scrutin.

L’achat de voix par différents moyens et le dépassement du plafond électoral ont été aussi relevés par les observateurs.

Ces associations ont lancé un appel aux médias pour respecter davantage les normes de la neutralité et de l’objectivité notamment lors de la campagne électorale.

A noter que l’aide financière et technique de l’Institut national démocratique pour les affaires internationales en Tunisie allouée aux projets d’observation électorale fait partie d’un programme d’appui démocratique plus large de l’USAID et le gouvernement du Canada.

Mots-clés: