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A quelques heures de l’année blanche

Mercredi 18 Avril 2018
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Par Khaled Guezmir

Décidément, on aura tout fait pour accélérer le processus de la déchéance de l’école républicaine, l’école des enfants du peuple ! L’ascenseur  social  est, désormais,  en panne et l’ensemble du système éducatif est entré  en réanimation clinique. Vraisemblablement, quelques heures et même pas quelques jours ou semaines, nous séparent d’une année scolaire blanche, tant redoutée par les familles, parents et élèves.

Tout cela pourquoi … ? Alors que les canaux de la négociation sociale ont toujours été ouverts depuis le 20 mars 1956, date de l’indépendance, par ailleurs remise en cause par les nouveaux « messies » de notre époque et certains historiens en quête de rôle de justiciers  dans ce pays. Les syndicats n’y sont pas allés de main morte et le bras de fer a été déjà lancé avec l’ancien ministre, M. Néji Jalloul, abandonné par la «raison d’Etat» pour calmer l’ascendance syndicale. Suprême erreur, parce que le conflit dépasse les personnes, pour remettre en question l’autorité  de l’Etat elle-même, chiffonnée une fois de plus depuis un certain janvier 2011 !

Même les proviseurs des lycées ne respectent plus les ordres de la hiérarchie  et les « Etats dans l’Etat » s’entendent et font des petits, à vue d’œil.

De leur côté, les ministres de l’Education mal épaulés par les gouvernements successifs  n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. C’est la quadrature  du cercle ! Ils n’ont pas de budget de l’Etat et les moyens dont ils disposent ne permettent pas de tenir « les engagements » faits par le gouvernement sous la pression constante  des syndicats depuis huit ans. Alors, on revient à la case départ et les accusations réciproques.

Les syndicats, qui montrent du doigt le chef du gouvernement lui-même, pour non respect  des accords et de la parole donnée, sur certains dossiers, y compris  les entreprises publiques,  et le gouvernement qui s’estime  abusé par la volonté  de puissance des syndicats qui le poussent  sous la pression (comme celle vécue depuis hier par le ministère de l’Education), à accepter  des choses  et faire des promesses qu’il ne peut pas tenir au vu de la trésorerie nationale et les finances publiques.

Même l’arbitrage du président de la République, qui a encore l’ascendant de l’homme politique et diplomate de carrière et qui a toujours su ménager  ses bons rapports  avec la centrale syndicale,  ne semble pas avoir pesé dans la détermination de M. Noureddine Taboubi plus monté que jamais contre les velléités d’indépendance et de « rébellion », à son tour, de M. Youssef Chahed,  contre l’hégémonisme de la Place Mohamed Ali.

En effet, ce dernier s’est aperçu tardivement que le soutien inconditionnel accordé à l’UGTT, pouvait rompre  dans les crises majeures où « chacun rame pour soi et Dieu pour tous » ! A la première épreuve de force, le gouvernement s’est trouvé lâché par M.Taboubi et ses lieutenants proches et la base des revendications est montée  au plus haut avec une persistance un peu bizarre du secrétaire général de l’UGTT à demander  la tête du chef du gouvernement lui-même ?! L’appétit vient en mangeant et après M. Néji Jalloul on s’attaque à la citadelle de la Kasbah et qui sait demain on ira plus loin du côté de la Banlieue Nord !?

Finalement, rien ne vaut l’apaisement général, gouvernement et syndicats. Ces derniers doivent aussi savoir  qu’ils jouent aussi gros, car le peuple « non syndiqué », et qui reste majoritaire, peut ne pas apprécier la montée en puissance « politique » de l’UGTT, jusqu’à admettre qu’elle remplace et dirige par procuration le gouvernement lui-même !

Soyons tout de même optimistes ou au moins… moins alarmistes et espérons qu’on reviendra à la table des négociations avec l’apaisement au bout du tunnel.

Mon Dieu, qu’avons-nous fait pour que tout tombe sur la tête de ce pays merveilleux, molesté de toute part…

Y a-t-il un promoteur pour vendre  aux Tunisiens de la « raison » en boîte… Il ferait fortune par les temps de folie qui courent… !

K.G