Tirs à boulets rouges sur les malintentionnés et les corrompus - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 25 Septembre 2018

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2018

Youssef Chahed au cours d’une séance de dialogue à l’ARP

Tirs à boulets rouges sur les malintentionnés et les corrompus

Samedi 24 Mars 2018
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• Il est inadmissible de prendre en otage l'avenir des élèves et de compromettre l'année scolaire

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a assuré hier que son gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires pour tenir les élections municipales à la date prévue (6 mai 2018) et poursuivre les réformes annoncées dans tous les domaines.

"Le gouvernement est attaché à l'organisation des municipales à l'échéance fixée et à poursuivre les réformes dans tous les domaines", a-t-il affirmé.

S'exprimant devant l'hémicycle du parlement, à l'occasion d'une séance de dialogue avec le gouvernement, Chahed a fait savoir que "certaines parties" qu'il s'est abstenu de nommer, s'opposent à la tenue de cette échéance électorale. D'autres parties, affirme-t-il, croient en la transition démocratique et à la concrétisation du chapitre 7 de la Constitution pour la mise en place du pouvoir local.

Les mêmes parties qui rejettent le scrutin municipal, craignent que ses résultats ne portent un coup dur à leurs ambitions politiques et veulent esquiver cette échéance électorale, a-t-il soutenu.

D'autres parties semblent être "exaspérées" par la réussite du modèle démocratique conduit par le président Béji Caïd Essebsi, ajoute-t-il. 

Des parties vont jusqu'à avoir de la nostalgie pour la dictature et l'exclusion et ont pour programme de faire échouer le processus démocratique et peut-être même réinstaurer les affres de la dictature, relève-t-il.

"Une nostalgie qui tient d'une véritable illusion", a-t-il averti. Ceux-là mêmes qui parient sur un rapport conflictuel entre le gouvernent et l'Union générale tunisienne du travail, un climat plus tendu dans le pays et sur l'échec des négociations avec les institutions financières internationales.

D'autres parties, a-t-il encore poursuivi, craignent que la guerre contre la corruption ne les implique et voient en le gouvernement d'union nationale une menace pour les corrompus.

"Toutes ces parties qui ne croient pas à la légitimé électorale ni à la démocratie et qui misent sur la disparition de certains partis politiques dont Nidaa Tounes, sur l'échec et le départ du gouvernement ainsi que sur l'annulation du scrutin municipal, font des calculs voués à l'échec", a-t-il lancé. Car, a-t-il assuré, "malgré les difficultés, les Tunisiens sont attachés aux acquis de la révolution, à la démocratie, à la liberté et à l'Etat civil".

"Les élections sont l'expression de la démocratie. Elles seront comme les élections précédentes, libres, loyales, transparentes et le reflet des choix du peuple", a-t-il fait remarquer.

Sur un autre plan, Chahed a affirmé l'engagement de son gouvernement à poursuivre son action sur la voie de l'application des axes convenus dans le document de Carthage.

"Les critiques et l'évaluation n'embarrassent pas le gouvernement. Au contraire, les Tunisiens sont en droit, après un an et demi, de prendre connaissance du degré d'avancement dans l'application des différents axes du document de Carthage. Cette évaluation ne doit pas, toutefois, être subjective, ni dictée par des calculs politiciens et parfois malintentionnés", a-t-il ajouté en substance.

Evoquant les défis sécuritaires auxquels a fait face le gouvernement après la prise de ses fonctions en aout 2016 et notamment les attaques terroristes de Ben Guerdane (mars 2016), et celles du Bardo et de Sousse (mars et juin 2015), le chef du gouvernement s'est dit "étonné" de voir certaines parties parler d'échec face à la réussite accomplie par les institutions sécuritaires et militaires.

Ces deux institutions, a-t-il dit, n'agissent pas en dehors du "système de gouvernance", mais opèrent sous la tutelle du président de la République, chef suprême des forces armées et de ministres membres du gouvernement.

Le chef du gouvernement a, en outre, déclaré qu'il est inadmissible de prendre en otage l'avenir des élèves et de compromettre l'année scolaire, en allusion à la décision du syndicat de l'enseignement secondaire de ne pas restituer les notes. 

"Personne ne remet en cause les revendications des enseignants", a-t-il souligné, précisant que le gouvernement veille à ce que ces revendications soient satisfaites dans la mesure du possible. 

Le chef du gouvernement a ajouté qu'à l'issue du conseil des ministres, il a été décidé de consacrer une enveloppe de 500 millions de dinars au financement d'un fonds destiné à restaurer les établissements éducatifs et à améliorer les cantines et les complexes scolaires. 

Selon lui, une stratégie a également été mise en place afin de réviser la cartographie des écoles publiques, repenser le système de formation des enseignants du secondaire et de base et lutter contre l'abandon scolaire.

Dans le cadre de cette stratégie, l'horaire scolaire et le système de la séance unique seront révisés. 

Le chef du gouvernement a souligné que les établissements éducatifs souffrent de plusieurs problématiques à l'instar dont essentiellement la dégradation de l'infrastructure des établissements éducatifs qui ont contribué à la montée de la violence et du suicide et à l'apparition de certains phénomènes comme la consommation des stupéfiants dans le milieu scolaire. 

Il a fait savoir que 170 cas de suicide et plus de 170000 cas de violence dans les collèges et lycées ont été enregistrés en 2017. 

Ces phénomènes, a-t-il dit, sont les principales causes de la dégradation des résultats scolaires et du niveau de l'éducation en Tunisie, ce qui explique pourquoi, a-t-il dit, la Tunisie a été classée en bas d'échelle par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). 

Sur un autre volet, le chef du gouvernement a fait savoir que le gouvernement demeure attaché à consacrer la discrimination positive conformément aux dispositions de la constitution de la deuxième république.

Il a, dans ce titre, indiqué que les moyens seront examinés pour consacrer à partir de l'année prochaine, aux bacheliers les plus brillants issus des régions intérieures, un quota dans les grandes écoles.