Medhilla sous le feu des mouvements de protestation - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 23 Septembre 2018

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Sep.
25
2018

Sur le vif Un autre poste de police incendié

Medhilla sous le feu des mouvements de protestation

Vendredi 23 Mars 2018
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Le Temps - Le droit aux protestations est garanti par la Constitution est, certes, garanti par la Constitution, mais de là à ce que les mouvements dérapent et s’attaquent aux symboles de l’Etat, il y a un grand fossé qui est une ligne rouge qu’on n’a pas le droit de franchir.

Certes, depuis la Révolution, les protestataires ont pris l’habitude de s’attaquer, impunément, aux postes de police et de la garde nationale, ainsi que d’entraver le droit au travail qui est, aussi, garanti par la Constitution. Mais, il faut que cela cesse, un jour, et qu’on revienne au respect du prestige de cet Etat qui avait été difficile à bâtir et qui a coûté le sang de nombreux martyrs patriotes.

Encore une fois, les manifestations ont dégénéré, cette fois-ci à Medhilla où un groupe de 700 manifestants se sont attroupés devant le poste de police de Medhilla (gouvernorat de Gafsa), et ont lancé des pierres contre les agents de la police, avant d’incendier après le retrait des unités des forces de sécurité par mesure de précaution, annonce le ministère de l’intérieur dans un communiqué rendu public mercredi soir.

Comme l’ont démontré des précédents actes de sabotage, ce dernier ne semble pas être innocent, surtout que l’objectif est de laisser la ville entre les mains des malfaiteurs et, peut-être, même, à la portée des terroristes qui ne cherchent que pareilles occasions pour occuper le terrain.

Un autre groupe de manifestants avait tentait plutôt dans la journée d’empêcher les bus de transporter les ouvriers aux centres de production du phosphate dans la délégation de Medhilla, au niveau de la mairie, avec l’incitation du responsable du parc des autobus, indique-t-on de même source.

Des accrochages avaient repris, mercredi après-midi, à Mdhila, entre les forces de l’ordre et des protestataires qui réclament de l’emploi et l’interruption des poursuites à l’encontre des sit-ineurs.  Les altercations ont commencé près du service de transport des ouvriers de la Compagnie des phosphates de Gafsa, situé en centre-ville de Medhilla, avant de s’étendre à d’autres lieux, jusqu’au commissariat qui a été la cible de jets de pierre. Les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène afin de disperser les manifestants. Elles se sont, ensuite, retirées des environs du commissariat.

La ville de Medhilla connait, depuis le week-end dernier, une vague de protestations, suite à l’annonce, le 16 mars 2018, par la délégation gouvernementale, d’une série de décisions et de projets «visant à impulser l’emploi et le développement dans la région de Gafsa».

Hier, des protestataires ont contraint les ouvriers de la CPG et du GCT à évacuer leur lieu de travail, bloquant ainsi toute activité dans ces unités opérant dans la délégation, fait savoir à l’agence TAP le directeur régional du GCT, Mustapha Mrad.

Cette action a été menée à l’issue d’une manifestation organisée par la coordination des sans emploi, pour protester «contre le non respect par le gouvernement de ses engagements vis-à-vis de la délégation et contre les poursuites judiciaires introduites à l’encontre des sit-ineurs», explique à l’agence TAP un membre de la coordination.