« L’immobilier se marie très bien avec le golf » - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 18 Décembre 2018

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Dec.
18
2018

Omar Cherif, Président du Groupement Tourisme Golfique en Tunisie

« L’immobilier se marie très bien avec le golf »

Mardi 13 Mars 2018
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Cette niche considérée haut de gamme est l’objet de toutes les attentions actuellement. Et pour cause, un touriste golfeur dépense lors de son séjour cinq fois plus qu’un touriste ordinaire. Et la Tunisie, pays ensoleillé à longueur d’année, qui fait d’elle une destination d’hiver où ce segment touristique peut très bien se développer.

Un sixième des  60 millions de golfeurs dans le monde associe son sport au tourisme. De tous les produits touristiques, le golf est le créneau qui se développe le plus. Son évolution est 2,5 fois plus importante que celle du tourisme global’. Les explications  d’Omar Chérif, directeur Général du Golf Citrus Hammamet, trésorier de La FI2T et Président du Groupement Tourisme Golfique en Tunisie :  

 

Le Temps Business Finance:  Quels sont les atouts de la Tunisie ?

 Omar Cherif: La Tunisie dispose d’un potentiel golfique qui lui permet un meilleur positionnement sur la scène internationale dont notamment la qualité des infrastructures touristiques, la proximité de l’Europe, un climat tempéré, l’existence de  parcours techniques et variés dessinés par d’illustres architectes. et l’existence d’une infrastructure aéroportuaire moderne outre la richesse historique et culturelle. La Tunisie a investi dans le golf depuis de nombreuses années en créant au total une dizaine de parcours dans les quatre coins du pays, avec le souci de proposer une offre golfique dans chacune des régions  à forte affluence touristique. On trouve ainsi un golf à Tabarka, à Djerba et à Tozeur. Hammamet dispose de deux parcours. Tunis et les Cotes de Carthage proposent deux parcours : le golf de Carthage, créé  depuis 1927 et redessiné en 1983 ainsi que le Residence.  A deux heures seulement de Paris par avion, la Tunisie offre la possibilité de jouer toute l’année au golf sous un soleil  radieux et à des prix très attractifs. Et ce qui ne gâte rien, on peut même s’offrir aujourd’hui un séjour d’une semaine et fouler tous les jours un parcours différent. C’est un produit à haute valeur ajoutée qui a le mérite d’étaler la saison touristique et qui générait jusqu’en 2010 en moyenne 70 millions de dinars hors transport aérien, fournissait 700 emplois directs et présentait 350 000 nuitées dans les hôtels 4 et 5 étoiles moyennant une recette hôtelière de 43 millions de dinars.

 

Quels sont les handicaps dont souffre le secteur ?

 Ce secteur a accusé une baisse depuis 2010. Le nombre des golfeurs est passé de 194 mille à 99.497 en 2015. Les défaillances   portent aujourd’hui sur le nombre insuffisant des golfs (10) et notamment de pole golfique c’est à dire une seule zone telle que Hammamet ou EL Kantaoui pouvant rassembler plus de 4 ou 5 golfs,   l’absence d’open sky, la défaillance du  transport aérien sur plusieurs foyers golfiques européens qui représentent un potentiel de 7 millions de golfeurs dont la Tunisie ne drainait dans les meilleurs années que 70 000. Chaque année, une moyenne de 250 000Green fees y était enregistrée .Ceci sans oublier  la promotion sur les marchés émetteurs  L’île de Djerba, destination importante dans le bassin méditerranéen, ne propose qu’un seul parcours. C’est peu. On pourrait en faire trois. Belek en Turquie, qui ne représente qu’un quart de Djerba, propose pourtant 14 ou 15 parcours. Même chose pour Agadir ou Marrakech. Dans l’optique d’assurer une forte présence du produit golfique tunisien sur les différents marchés émetteurs, il faudrait créer des pôles golfiques. En vacances, les passionnés  de la petite balle blanche n’aiment guère se contenter d’un seul terrain, préférant changer chaque jour de paysage.  Il faudrait construire deux ou trois sur une même destination.  L’estivant golfeur n’a nullement l’envie de faire des dizaines de kilomètres pour trouver un nouveau parcours.

 

Comment s’annonce 2018 ?

Plusieurs golfs, comme à Tabarka ou le Golf Citrus, ont procédé à des rénovations importantes. C’est un atout pour booster ce tourisme golfique. Après une année difficile, le tourisme golfique reprend des couleurs. Les pays scandinaves reviennent en force avec notamment des groupes de joueurs Suédois et Finlandais qui ont confirmé leur arrivée à Sousse et Hammamet. Aujourd’hui, la perspective est d’augmenter le nombre de touristes golfeurs en leur proposant une offre à la fois qualitative et respectueuse de l’environnement. Le golf est une réponse  adéquate à un meilleur taux de remplissage de nos hôtels. Il peut être considéré comme une option très sérieuse pour améliorer la rentabilité des hôtels.

 

Faut-il construire d’autres parcours ?  Faut –il développer l’immobilier-dans nos parcours ?

Tous les  pays à vocation touristique, à l’instar de la Tunisie, ont tous sans exception développé cette niche dans leur panoplie de produits. Je suis un pionnier dans le secteur depuis plus de 15 ans et je rêve encore du jour où notre beau pays deviendra une véritable destination golfique  prisée par tous les touristes Européens ou autres. Pour cela il faut développer des pôles golfiques dans les zones où les golfs sont déjà implantés, à savoir, Tabarka, Tunis, Hammamet, Sousse-Kantaoui, Monastir et Djerba avec un objectif de minimum 3 parcours et maximum 7 parcours par site. Pour ce qui est du volet immobilier, encore une fois nous n’avons rien inventé. C’est  un concept américain qui permet de rentabiliser le lourd coût de l’investissement qui consiste à construire un parcours de golf (Aujourd’hui minimum 20 MDT pour un 18 trous). Le projet immobilier se marie très bien avec le projet golfique. Cela permet même de capter une clientèle étrangère qui en devenant propriétaire sur un golf  fait rentrer des devises au pays, le visite minimum 2 ou 3 fois ensuite, prête son logement à des amis ou à la famille et rend donc ce produit une source de touristes intarissable. Bien sûr il faut se rendre à l’évidence qu’actuellement, les autorisations pour ce genre de projet sont très difficiles à obtenir  d’où le peu d’intérêt observé chez des investisseurs étrangers.  

Kamel BOUAOUINA