Yassine Brahim, président d’Afek Tounes: «Le nombre des listes au nom de l'Union Civile n’est pas très loin des objectifs» - Le Temps Tunisie
Tunis Vendredi 22 Juin 2018

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Yassine Brahim, président d’Afek Tounes: «Le nombre des listes au nom de l'Union Civile n’est pas très loin des objectifs»

Dimanche 4 Mars 2018
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Yassine Brahim, président d’Afek Tounes: «Le nombre des listes au nom de l'Union Civile n’est pas très loin des objectifs»

En décembre 2017, le parti d’Afek Tounes a décidé de rompre son engagement avec le  pacte de Carthage et a affiché son opposition au gouvernement d’union nationale présidé par Youssef Chahed. Quelques semaines plus tard, Afek a rejoint les dix partis formant la Coalition civile. Une Coalition qui a présenté des listes communes aux élections municipales et qui pense à collaborer plus en vue de la Présidentielles et des législatives de 2019. Au cours de cet entretien accordé au Temps, Yassine Brahim revient sur les événements politiques récents.

Votre parti a décidé d’intégrer la Coalition civile pour affronter les élections municipales et, éventuellement, collaborer pour la Présidentielle et les législatives de 2019. Toutefois, le nombre de listes déposées au nom de cette même Coalition laisse certains observateurs sceptiques sur la suite du projet. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons opté dès le départ pour un nombre limité de listes communes en raison de la contrainte de temps et de la difficulté de constituer des listes par 11 partis avec une priorité donnée aux indépendants et à la société civile.

Il s'agissait dès le départ d'envoyer un message politique fort: celui que l'union était possible tout en prenant en compte le facteur faisabilité et en laissant une marge de liberté aux partis qui avaient déjà préparé une partie de leurs listes. 

Le nombre des listes déposées au nom de l'Union civile n’est pas très loin des objectifs de départ.  Si vous y rajoutez les listes indépendantes composées de quelques partis de l’Union et les listes partisanes, nous allons être bien présents.

En revanche, nous avons toujours estimé qu'une telle Union n'est possible entre partis aux programmes et idéologies différentes que pour des élections locales. 

 Quelles sont les raisons qui vous ont convaincu de faire partie de cette coalition surtout après l’échec de toutes les anciennes tentatives de rassemblement des forces démocratiques (le Front de sauvetage ou encore le Front parlementaire progressiste) ?

Je ne pense pas que ces coalitions ou fronts aient échoué.

Ces fronts politiques (et non pas électoraux) avaient des objectifs politiques à un moment donné et ces objectifs ont été atteints en grande partie.

Par exemple, durant l'été 2013, la violence politique avait atteint son apogée et la transition politique était grandement menacée par l'hégémonie des islamistes. 

Le Front du Salut National, avec ses différentes composantes, avait réussi à rétablir l'équilibre sur la scène politique et à permettre des consensus acceptables au niveau de la copie finale de la Constitution. 

Pareil pour le front parlementaire, son objectif n'a jamais été électoral mais politique en rétablissant l'équilibre au sein de l'Assemblée des représentants du peuple. Et ce qui avait permis d'arracher des accords au niveau de projets de Loi touchant au projet de société.

 Abdelaziz Kotti a récemment déclaré que le 7 mai 2018, plusieurs partis disparaîtront de la scène politique insinuant ainsi que la partie se jouera entre les mouvements d’Ennahdha et de Nidaa Tounes. Vous sentez-vous visé par de tels propos ?

Aucunement! 

 A la  fin de l’année dernière, vous avez décidé de ne plus soutenir le gouvernement de Youssef Chahed ce qui a coûté à votre parti le départ de quelques-unes de ses figures phares à l’instar de Riadh Mouakher, de Hichem Ben Ahmed ou de Faouzi Abderrahmane. Aujourd’hui, tout indique que le gouvernement Chahed est sur le point d’être abandonné par tous. Quelle alternative pour une situation pareille ?

Le gouvernement n’est pas « abandonné », il applique une politique qui au mieux sur certains sujets produit peu de résultats et sur d’autres, notamment sur le plan de la politique économique, a fait de mauvais choix qui impactent fort négativement la vie des Tunisiens. Une inflation galopante, un déficit colossal à tous les niveaux et un manque de courage et d’audace sur tout sujet qui pourraient fâcher les syndicats.

Nous avions anticipé depuis quelques mois les difficultés économiques qui allaient résulter de ce manque de vision et d'expérience du gouvernement Chahed. 

Aujourd'hui, il s'agit de trouver une solution à court terme pour limiter  les dégâts.

Nous œuvrons quant à nous dans l’objectif d’avoir une majorité parlementaire différente après 2019 qui amènerait la possibilité d'une alternative réelle transformant la Tunisie et libérant les énergies de ses entrepreneurs. Le système actuel étouffe les Tunisiens.

La Tunisie est prête pour la transformation, elle mériterait une classe politique qui rend cela possible et j'y crois!

Propos recueillis par Salma BOURAOUI

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